La bataille d’Alep, dos au mur les américains jouent au Dr Folamour

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La bataille d’Alep au nord de la Syrie peut être considérée comme le Stalingrad des islamistes coupeurs de tête ayant envahi ce pays.
Chacun devrait s’en réjouir car la coalition menée par la Russie, dont l’aide militaire a été officiellement demandée par le gouvernement syrien, est en train de libérer les territoires occupés par les mercenaires financés par les wahhabites saoudiens sur ordre de l’oncle Sam.

Cependant, cette opinion est loin de faire l’unanimité.
En effet, la victoire prochaine de cette coalition est considérée comme un échec géopolitique pour les américains qui tentent par tous les moyens de saborder cette dynamique de succès.

Quelques rappels sur la géopolitique américaine
La stratégie long terme des américains fut théorisée dans les années 40 par les inventeurs de la géopolitique que furent Halford John Mackinder puis Nicholas Spykman.

Dans les grandes lignes, ces derniers ont divisé la planète en 3  zones :
– Le Heartland
– Le Rimland
– les iles périphériques

Le Heartland, cœur du continent européen riche en ressources naturelles correspond en gros à l’ancienne URSS.
Le Rimland est une zone qui encercle cette dernière, soit un croissant qui va de l’Europe de l’ouest jusqu’au au proche et moyen orient (*) incluant également l’Inde et la Chine.
Enfin, les iles périphériques qui correspondent au reste de la planète, États-Unis, Japon, etc.

(*) Avec ses matières premières abondantes

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Cette théorie nous enseigne que celui qui contrôle le Hearland et le Rimland contrôle la planète.
Conséquence immédiate, il faut à tout prix éviter une alliance spontanée entre ces deux zones, à savoir la fameuse « Europe de l’Atlantique à l’Oural » chère au Général De Gaulle.

Toute la politique étrangère des USA depuis 60 ans environ est basée sur ces concepts, en commençant par la mise en œuvre de la  doctrine Truman en 1947 qui induisit 40 années de guerre froide entre les blocs Est et Ouest.

Cependant, la perte inéluctable de l’hégémonie américaine et la constitution d’un bloc solide en face du bloc BAO (Bloc Américaniste-Occidentaliste) avec l’OCS (*)  semble éloigner définitivement ce rêve de domination mondiale.

(*) Organisation de Coopération de Shanghai, organisation assez peu connue en occident car nos médias (gênés) en parlent peu. L’OCS devient un contre-pouvoir économique très sérieux au bloc BAO (incluant l’UE) avec de nombreux pays candidats pour y adhérer. L’un des objectifs majeurs de cette organisation est la dé-dollarisation des échanges.

Le début de l’histoire commence à la fin de la seconde guerre mondiale
A la fin de la seconde guerre mondiale, les États-Unis n’ayant subit aucune destruction sur leur sol, étaient devenus la première puissance planétaire. Après avoir consacré près de 40% du PIB à l’effort de réarmement, leur puissance militaire était devenue sans égale ou presque dans le monde .
Il y avait cependant un grain de sable de taille.
En effet, la Russie de Staline avait quasiment vaincu les nazis à elle toute seule en éventrant la Wehrmacht sur le front est.
Les américains l’avaient certes aidée par envoi de grandes quantités d’armements à partir de 1940.
Cependant c’est par un effort de guerre Russe sans précédent que la machine de guerre allemande avait été vaincue. La Russie était donc également devenue une puissance militaire considérable.

Et puisque l’idéologie occidentale capitaliste était opposée à celle de l’URSS marxiste communiste, les deux blocs devinrent des ennemis naturels.

L’équilibre de la terreur nucléaire avait mis les USA dans l’incapacité de détruire militairement le régime soviétique. Cette situation induisit cependant un certain nombre de guerres périphériques dont la plus sanglante fut celle du Vietnam avec près de 20% de la population civile exterminée par les bombes et épandages chimiques massifs des États-Unis (*).

(*) Avec 80 Millions de litres d’agent orange (Monsanto ™) déversés sur le Vietnam, les américains nous démontrèrent leurs grands talents de comiques lorsqu’ils parlèrent de ligne rouge lors des attaques chimiques de 2013 en Syrie attribuées sans preuves au gouvernement Assad !

Ce contexte a perduré durant presque un demi-siècle jusqu’à la dissolution volontaire du régime communiste d’URSS en 1989.

Chute de l’URSS, un monde unipolaire…durant moins de 10 ans
Lorsque « l’est est passé à l’ouest », le capitalisme ultra-libéral triomphant a cru au concept Hégélien de « fin de l’histoire« , remis au gout du jour par Francis Fukuyama.

Il s’agissait alors pour clore définitivement le chapitre communiste de transformer l’économie Russe en économie de marchés à l’aide des méthodes habituelles du FMI [1].
Et comme à chaque fois, ces méthodes ont échoué.
La Russie s’est retrouvée exsangue à la fin des années 90 avec un PIB qui, en moins de 10 ans, avait chuté plus fortement que durant la guerre [1].
En parallèle, les américains crurent que le monde était devenu définitivement unipolaire.
Ces derniers eurent alors pendant un temps les mains libres pour continuer leur prise de contrôle du Rimland (première guerre d’Irak), considérant un peu hâtivement qu’ils contrôlaient le principal état du Heartland à travers leur homme de paille, le « pochetron » corrompu Boris Eltsine.

La Russie se redresse grâce à Poutine et la Chine émerge
En 1999, l’élection de Vladimir Poutine dans une Russie sinistrée changea complètement la donne.
En effet, ce dernier en véritable défenseur des intérêts nationaux réussit à mettre en place en Russie un habile compromis entre l’économie de marché et le pouvoir de l’état. En parallèle, il réussit à lutter contre la corruption oligarchique s’étant massivement développée sous Eltsine.
Le résultat fut un doublement du PIB en une décennie et un retour du pays sur la scène des grandes puissances.

Le président Poutine ayant décidé de mener une politique indépendante des USA, la Russie redevint bien entendu pour les américains un ennemi cette fois créé de toutes pièces.

Quant à la Chine qui refusa également de suivre les règles du FMI, son PIB explosa littéralement dans les années 90 et 2000 grâce à une économie libérale semi-dirigée.

Le bloc BAO, UE, OTAN
Durant les années 90 et 2000, le bloc BAO sous leadership américain poursuivi sa politique de prise de contrôle du Rimland selon deux axes  :
1) remodelage du moyen orient par la force grâce à « l’aubaine » du 11 septembre [2].
2) élargissement de l’OTAN vers les ex pays de l’est après avoir trahis la parole donnée aux Russes de ne jamais le faire (*).

(*) La trahison de la parole donnée est une constante dans la culture anglo-américaine, on rappellera seulement le viol systématique d’environ 400 accords signés avec les amérindiens.

La feuille de route américaine ayant été à peu près respectée avec l’invasion de l’Afghanistan, la destruction de l’Irak puis celle de la Libye, le tour de la Syrie était venu en 2011. Cette action sur la Syrie était planifié depuis 2009 comme l’a révélé ultérieurement Roland Dumas [5].

En effet, ce dernier a lâché le morceau en déclarant que 2 ans avant le début des hostilités en Syrie, « il se préparait quelque chose en Syrie » et qu’on lui avait proposé d’y participer :

L’invasion militaire directe ayant montré ses limites et surtout ses couts pharaoniques avec l’Irak en 2003, la technique retenue pour la destruction du régime à abattre fut celle de la guerre par procuration à travers des mouvements terroristes financés par l’allié Saoudien de longue date (pacte du Quincy) [3].
En effet, cette méthode avait plutôt bien fonctionné durant la guerre entre l’URSS et l’Afghanistan avec l’instrumentalisation d’Al-Qaida. A ceci près que ces derniers se sont ultérieurement retournés contre les américains.

Le plan américain pour détruire la résistance Syrienne, stratégie et propagande
La bonne vieille méthode utilisée lors de la guerre du Vietnam et décrite par Noam Chomsky [4] fut d’abord utilisée pour diaboliser le régime syrien de Bachar El Assad à travers les médias mainstream vassalisés.

L’argumentaire fallacieux basé sur la répétition médiatique repose sur les piliers suivants :
1) Bachar El Assad est un dictateur qui s’en prend violemment à ses opposants
2) De « pacifiques » manifestations de l’opposition en 2011 furent réprimées dans le sang par le gouvernement
3) Les opposants syriens qualifiés de « rebelles » se soulevèrent dans tout le pays pour renverser le gouvernement
4) Ne pouvant masquer le fait que la plupart de ces « opposants » sont en fait des mercenaires islamistes bien organisés (Daech, Al-Qaida, etc…), un oxymore fut inventé pour la circonstance.
Il s’agit bien entendu du concept d' »islamistes modérés » (*).

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(*) Exemple de décapitation d’un enfant par des « islamistes modérés ».

On oublia cependant soigneusement de signaler les fondamentaux suivants :
1) Le début des troubles en Syrie a coïncidé avec le refus de Bachar El Assad de construire un gazoduc pour transporter le gaz qatari vers l’Europe afin de concurrencer le gaz Russe.
2) L’état syrien fut en réalité attaqué sur son sol par des combattants étrangers issus de plus de 100 nationalités différentes. Le groupe le plus important étant l’État Islamique apparu en Irak à l’issue de la destruction de ce pays par les américains en 2003.
(Bien peu de rapports donc avec une guerre civile).
3) Ces combattants bénéficient de gros moyens militaires et sont encadrés par des gens compétents et expérimentés. Ces derniers étant d’anciens cadres de l’armée de Saddam Hussein libérés à cet usage des geôles irakiennes par les américains.
4) Cette guerre par procuration est financée par les régimes sunnites extrémistes du golfe et en particulier l’Arabie Saoudite et le Qatar.
5) Les USA et leurs toutous (Grande Bretagne, France) livrent des armes aux islamistes dits modérés de tous poils par l’intermédiaire des saoudiens et des qataris. Des « conseillers » occidentaux sont également signalés dans les rangs des islamistes.
6) Les alliés des américains (Arabie Saoudite, Israël, Turquie,… ) ravitaillent les islamistes, soignent leurs blessés et achètent le pétrole extrait des puits volés aux syriens.
7] Et enfin, les opérations en Syrie étaient planifiées depuis 2009 (Roland Dumas [5]).

L’objectif des américains était en réalité de faire chuter le gouvernement de Bachar El Assad en laissant agir les hordes islamistes à leur place et prétendant qu’il s’agit d’une guerre civile.

La célèbre remarque de Fabius en 2012 prend alors tout son sens « Al-Qaida fait du bon boulot«  ou « Bachar ne mérite pas de vivre ».

Ce type de déclarations outre le fait qu’elles soient des incitations à participer au jihad en Syrie, sont également des apologies du terrorisme et des appels au meurtre caractérisés.
Elles constituent un délit puni par la loi pour le vulgum pecus (article 421-2-5 du Code pénal), mais manifestement pas pour un ministre en exercice.

Le plan américain ne se déroule pas comme prévu
Dans un premier temps, tout se passe bien.
Les dizaines de milliers de mercenaires psychopathes recrutés un peu partout dans le monde, drogués au Captagon et encadrés par les anciens généraux de Saddam firent le boulot d’invasion du territoire syrien grâce aux armes livrés en sous main par l’occident.
Ces derniers, motivés uniquement par une poignée de dollars avaient reçu l’assurance que l’armée de l’air syrienne serait clouée au sol par une « no fly zone » à l’identique de celle de l’opération de 2011 en Libye.

L’armée de Bachar El Assad abandonne dans un premier temps de vastes portions du territoire syrien aux islamistes dans une sorte de remake de la blitzkrieg nazie du siècle dernier.
En particulier l’est du pays est occupé ainsi que le nord avec la région industrielle et stratégique d’Alep Est assurant ainsi le ravitaillement des islamistes et la revente de pétrole vers la Turquie.
Cependant, avec l’aide massive du Hezbollah Libanais (ennemi d’Israël), de l’Iran (*) et la forte résistance des Kurdes (en guerre larvée contre la Turquie), l’ouest de la Syrie résiste durant 4 longues années à la poussée des envahisseurs.

(*) Les Iraniens savent que si la Syrie tombe, ils seront les prochains sur la liste

En 2015, la situation devient plus difficile pour l’armée syrienne du fait de la livraison massive de missiles antichars (Tow US et Milan Français) aux forces islamistes. Le président Assad décide donc en septembre 2015 de faire appel à la Russie pour une aide militaire.
Le président Poutine répond favorablement à cette requête et décide, conformément au droit international, de mettre en place un soutien aérien massif aux troupes au sol syriennes et à leurs alliés.

La Russie intervient en respectant le droit international
La Russie possède deux implantations militaires en Syrie avec la base navale de Tartous et la base de Hmeimim dans le nord-ouest de la Syrie aménagée pour accueillir jusqu’à une centaine d’aéronefs.
Petit détail qui a son importance, cette base est protégée par les redoutables missiles sol air Russes S400.
L’offensive aérienne russe, synchronisée avec l’armée régulière syrienne au sol débute en novembre 2015. Les Russes pilonnent les positions des  divers groupes islamistes à l’aide de leur aviation et autres missiles de croisières tirés depuis la Caspienne.
Les résultats ne se font pas attendre avec la rapide reprise de la région de Lattaquie et surtout la libération chargée de symboles de la cité historique de Palmyre en mars 2016.

L’étape suivante débutée récemment consiste à libérer la région d’Alep des mercenaires jihadistes.
Avant l’invasion, cette région était le poumon économique de la Syrie avec plus de 1500 entreprises qui faisaient vivre plus de 1.5 millions de travailleurs.

L’offensive d’Alep, vers la libération totale de la Syrie
Lorsqu’en 2012 les égorgeurs jihadistes ont envahi massivement le nord de la Syrie et en particulier toute la partie est de la région d’Alep, les dirigeants occidentaux et leurs médias n’y ont rien vu à redire, aucun battage médiatique relatant des civils massacrés ou autres hôpitaux attaqués.

Alep est l’une des principales lignes de front où l’armée Syrienne réussit à résister à la poussée des mercenaires étrangers durant plusieurs années.
Le mérite de cette armée est d’autant plus grand que les troupes occupantes étaient sans cesse renouvelées à travers le recrutement de nouveaux fanatiques sur toute la planète et le remplacement du matériel militaire détruit par les Saoudiens et le Qatar.

La donne changea radicalement lorsque la Russie vint épauler l’armée syrienne avec son aviation.

Après avoir libéré plus de 15% du territoire occupé par les envahisseurs en seulement quelques mois, la coalition Russo-Syrienne décide en juillet 2016 de lancer une offensive pour libérer la partie est de la ville d’Alep, action qui couperait définitivement la route de la Turquie qui sert à ravitailler les islamistes et qui ouvrirait la route de la reconquête de tout l’est de la Syrie en commençant par Raqqa, la capitale autoproclamée de l’État Islamique.
Cette reconquête serait le coup définitif donné aux islamistes avec la jonction de la Syrie libérée avec la frontière irakienne.
Le croissant chiite Syrie, Irak Iran serait alors reconstitué.

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Les premiers succès de l’opération de libération d’Alep rendirent fous de rage les américains et leurs caniches.
Ils tentèrent alors de torpiller ce succès par tous les moyens à leur disposition.

L’Amérique humiliée devient incontrôlable
Une première phase de pseudo-négociations américaines pour obtenir un nouveau cesser le feu humanitaire fut effectuée dans le cadre de l’ONU, l’objectif étant de permettre aux forces d’invasion terroristes en mauvaise posture à l’est d’Alep de recevoir des renforts.
Ce cesser le feu entra en vigueur en septembre, il fut définitivement rompu une semaine après par une attaque des forces de l’OTAN à Der ez-Zor contre les troupes … de l’armée régulière syrienne assiégées.
Malgré les excuses de la Maison Blanche qui prétendit que ce fut une erreur, cette exaction semble montrer que le président ne maitrise pas les forces armées sur le terrain, il semblerait que cette frappe fut décidée par les faucons du pentagone en coordination avec les terroristes locaux qui lancèrent immédiatement une attaque contre les positions syriennes affaiblies.
(Autre hypothèse, Obama est en phase avec le Pentagone et les excuses officielles ne sont que de la manipulation).

Cette tentative un peu désespérée ayant échoué, des déclarations guerrières très virulentes furent lancées par les faucons américains :
– 02/09/2016 : La folle Hillary Clinton menace ouvertement la Russie de lui faire la guerre dans cette déclaration édifiante :

– 28/09/2016 : John Kirby, porte-parole du Département d’État américain déclare :
« Les conséquences (de l’aide Russe, voir la totalité de sa déclaration ici) seront que la guerre civile continuera en Syrie, que les groupes extrémistes profiteront du chaos en Syrie pour étendre leurs opérations, ce qui impliquera des attaques contre les intérêts Russes, peut-être même les villes Russes. La Russie continuera à renvoyer ses troupes dans des sacs mortuaires et ils continueront de perdre leurs ressources matérielles, sans doute plus d’avions »
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/les-usa-menacent-d-attaques-dans-les-villes-russes/#qxogs2S4pHByBrUI.99

– 04/10/2016 : Général Mark Milley, chef d’état major de l’armée US :

Le général Milley qui se croit dans « Starship Troopers »

Extrait :
« …Nous allons vous battre (les Russes) plus durement que vous que ne l’avez été auparavant… »
(Ce général ne sait manifestement pas que la Russie n’a jamais été vaincue sur son territoire, demandez à Napoléon ou à Hitler).

Nous attendons toujours les commentaires de nos médias sur ces déclarations d’une incroyable irresponsabilité de la part de nos « amis » américains.

Une désinformation médiatique naïve mais massive
Nos médias ont accompagné ces déclarations non relayées avec une propagande de guerre totalement naïve pour tenter de monter l’opinion occidentale contre le couple Poutine-Assad.
Les médias prétendent donc que ces derniers commettent des crimes de guerre en visant les civils à Alep est, voir Le Point, L’Express, FranceTVinfo et L’Obs ainsi qu’une synthèse ici.
Tout ceci ressemble donc fortement à la préparation des esprits à une guerre contre la Russie.

Bien entendu, les quelques véritables journalistes ou témoins de première main qui sont allés sur le terrain en Syrie tiennent un autre discours :
. témoignage d’un Français aidant la population d’Alep ouest
. Journaliste Britannique Vanessa Beelay de retour de Syrie, interview ici.
. l’archevêque d’Alep

Et une excellente analyse du géopolitologue franco-syrien Bassam Tahhan, interview ici.

Pendant ce temps à Mossoul…
Les élections américaines approchant, il serait opportun de jeter en pâture au public US une petite victoire militaire pour redorer le blason Clintonien qui en a bien besoin.
C’est le moment choisi par USA pour lancer une attaque sur la ville irakienne de Mossoul afin de la libérer de l’occupation des mercenaires de Daech.

Nous avons donc deux batailles similaires en cours, l’une en Irak et l’autre en Syrie :
1) D’un coté la coalition occidentale alliée à l’armée irakienne qui pilonne les positions de l’État islamique pour préparer la reprise de la ville de Mossoul par les troupes gouvernementales.
2) De l’autre coté en Syrie, la coalition russe alliée à l’armée syrienne qui pilonne les positions d’Al-Qaida pour préparer la reprise de la ville d’Alep par les troupes gouvernementales.

On nous présente d’un coté l’attaque en Irak de la coalition  des gentils occidentaux comme une libération contre l’occupant islamiste.
En revanche pour la Syrie, la coalition des méchants Russes s’en prend à

l’opposition modérée au régime de Bachar en commettant des crimes de guerre contre d’innocents civils !
Ceci même si la coalition occidentale agit dans l’illégalité la plus totale car n’ayant ni mandat de l’ONU, ni requête officielle du gouvernement irakien et encore moins syrien pour intervenir.
(Contrairement à la coalition Russe qui agit en toute légalité sur demande officielle du gouvernement souverain de Syrie.)

A noter par ailleurs qu’il est vraisemblable que les islamistes d’Irak passent en Syrie pour renforcer leurs frères d’armes qui combattent les Russo-Syriens.

Les peuples occidentaux considérés comme des crétins gobes mouches
La propagande médiatique atteint aujourd’hui des sommets jamais vus depuis un siècle, les élites considèrent de plus en plus les population comme de parfaits crétins prêts à gober les pires mensonges.

Les Lapins crétin, l'une des réussites d'Ubisoft.

On peut toutefois émettre quelques doutes sur la totale efficacité de cette propagande, en témoigne le sondage du Figaro avec 96% de votes négatifs sur l’opportunité de soutenir les « rebelles » liés à Al-Qaida contre le gouvernement de Bachar.

Attentats sur notre sol et politique étrangère française
Rappelons que la vague d’attentats en cours sur notre sol avec près de 250 morts est directement induite par l’alignement aveugle de notre politique étrangère sur celle des américains.
Les familles de nos compatriotes sauvagement assassinés peuvent remercier MM Sarkozy et Hollande qui sont les premiers responsables de ces attentats [6].

Et ce dernier, indécrottable, persiste dans la même politique étrangère mortifère.

Notre président et son subalterne Ayrault dans une escalade sans fin du ridicule et de la soumission
Nous avons eu Laurent « Al Nosra fait du bon boulot » Fabius, et pensions avoir atteint le niveau zéro de l’intelligence géopolitique.

Nous avons maintenant Jean Marc Ayrault, et c’est encore pire, ce dernier ne possède même pas le sens de la rhétorique de son prédécesseur.
Notre ministre dans ses œuvres ici (interview par un journaliste de connivence sur LCI du 05/10).

Quelques perles extraites de cette interview édifiante :
« La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes »
« La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision. »
« Si le choix est entre Bachar et DAECH, il n’y a pas de choix. »

Après nous avoir amusé comme premier ministre, il revient avec un autre grand porte-feuille. Et il confirme son impéritie en couvrant de ridicule notre pays aux yeux de toute la planète.
Le meilleur conseil que l’on pourrait lui donner serait de se faire oublier et de retourner à sa mairie de Nantes pour s’occuper de la gestion des ordures ménagères.

Lorsque François « 10% » Hollande bombe le torse, cela donne ceci, une menace de ne pas recevoir le président Russe durant sa visite prévue en octobre, ainsi que des déclarations hallucinantes sur une menace de traduire le président Russe devant le TPI pour « crimes de guerre ».
Devant une telle détermination, on comprend pourquoi Vladimir Poutine a pris peur et a décidé d’annuler sa visite en France !

Compte-tenu de la dimension du président Russe et de son ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov qui ne jouent pas dans la même cour que les tocards d’en face, la Russie réagit rationnellement devant cette escalade avec mesure mais également avec fermeté.

Les lapins crétins qui s’abreuvent au journal télévisé de TFI ont tout de même eu droit à la réponse d’un Vladimir Poutine goguenard lorsqu’il entend les paroles des Kerry, Hollande et autres Ayrault.

La chaine LCI lui a accordé 2 petites minutes qui lui ont permis de  synthétiser la situation réelle :

En réponse, la Russie renforce considérablement ses positions militaires au moyen orient
S’attendant à une répétition de « l’erreur » de Deir El Zor, et anticipant l’éventualité de la mise en place d’une zone d’exclusion  ou d’attaques aériennes par l’OTAN, la Russie a renforcé les défenses anti aériennes de la région.
Après avoir enfin livré ses systèmes de défense aérienne S300 à l’allié iranien, au grand dam des occidentaux, les Russes ont renforcés leurs systèmes S300 et S400 (*) en Syrie après avoir modernisé les S200 déployés par l’armée syrienne.

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Ce redoutable système de protection du ciel syrien risque de compliquer singulièrement toute tentative des américains de créer une « no fly zone », ou autres options belliqueuses telles que l’attaque du pays par des missiles de croisières.
La répétition du scénario libyen est donc à exclure, sauf si les américains sont prêts à subir de lourdes pertes.

(*) Les S300 et S400 sont considérés parmi  les meilleurs systèmes de défenses antiaériens du monde, ils sont mobiles, à longue portée et détectent à peu près tout ce qui vole, avions furtifs inclus.

Même si la probabilité d’une guerre nucléaire reste somme toute relativement faible, l’histoire nous montre qu’une situation peut se dégrader rapidement.
Le site « Le Saker » a effectué une très intéressante analyse des options possibles face à une attaque américaine sur les forces Russes.
Cinq scénarios sont envisagés entre un incident militaire unique tel que celui du bombardier Russe SU 34 abattu par la Turquie jusqu’à la guerre thermonucléaire totale entre les deux puissances

Synthèse
Alors qu’elle ne menaçait aucun pays étranger, la Syrie fut attaquée par des mercenaires jihadistes financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar.
Cette attaque s’inscrivit dans le cadre de la stratégie d’hégémonie américaine au moyen orient.
En effet, après l’Irak et la Libye, le tour de la Syrie et plus précisément du gouvernement de Bachar El Assad était venu.
Une guerre directe étant couteuse et difficile à justifier en terme de communication, on décida d’utiliser des mercenaires islamistes recrutés dans la moitié des pays du monde.
Ces derniers furent alors présentés aux opinions publiques occidentales comme des « rebelles » syriens, terminologie propagandiste empruntée à la saga « La guerre des étoiles », même s’ils ne sont pour la plupart ni syriens ni rebelles.
Ils furent également qualifiés  « d’islamistes modérés », expression vide de sens.

L’armée régulière syrienne, épaulée par le Hezbollah Libanais et l’Iran résista contre toute attente à l’invasion durant 4 années.
Lorsqu’il devint probable que cette dernière allait être vaincue devant des troupes d’invasion sans cesse renouvelées et bien armées, le président syrien lança un appel à l’aide au président Poutine.
Ce dernier répondit favorablement dans le respect de la législation internationale.
Il fournit alors un appui aérien relativement limité en nombre d’avions mais très efficace en terme de frappes.
En quelques mois, la situation s’inversa complètement et la coalition ainsi créée reprit de larges portions du territoire syrien occupé.
Après avoir réduit drastiquement l’approvisionnement des islamistes en bloquant la route de la Turquie au Nord, l’offensive pour reprendre la zone stratégique à l’est de la ville d’Alep fut lancée, ouvrant alors la voie à la reconquête de Raqqa, la capitale autoproclamée de l’État Islamique.

Cette situation étant intolérable pour les américains, la désinformation médiatique occidentale redoubla d’intensité et l’on assista à une escalade verbale belliqueuse sans précédent de la part de hauts responsables États-uniens.

A la tête de ces « faucons », la candidate aux élections de novembre Hillary Clinton -par ailleurs d’une probité sans failles !– multiplie les déclarations guerrières vis à vis de la Russie.

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Cette femme psychopathe, totalement irresponsable est affublée d’une hystérie qui frôle la pathologie mentale. Elle met la planète entière sous la menace prochaine d’un conflit mondial majeur.

En face, la Russie de Vladimir Poutine, qui bénéficie de la légitimité internationale dans le conflit syrien répond avec une grande maitrise des enjeux mais aussi avec fermeté  aux provocations multiples du camp de la guerre.

Coté Français, un président falot qui occupe par hasard le poste qui ne lui était pas destiné est tellement soumis aux américains que c’en est à vomir.
Il charge son ministre Ayrault, pas moins insignifiant que lui, de défendre l’indéfendable dans la cour des grands.
On constate par ailleurs qu’un seul pays dans ce conflit mérite son appartenance à cette cour et il ne s’agit pas de celui qui possède plus de 95% du total des bases militaires à l’étranger de la planète !

Conclusion
Il semble que nous soyons entrés dans une situation dont la dangerosité rappelle celle de la crise des missiles de Cuba en 1962.
Nous pouvons sans aucun doute parler d’un risque de conflit généralisé, même si pour l’instant il ne s’agit que de rodomontades coté ouest.
La probabilité d’une troisième guerre mondiale augmentera alors très fortement si c’est la « reine du chaos » qui arrache le pouvoir aux États-Unis d’Amérique lors des élections de novembre 2016.

A noter enfin que les États-Unis viennent de passer en mode d’alerte nucléaire « DEFCON 3 » à la date du 13/10/2016, nous n’avions pas atteint une telle tension internationale depuis 1973 à la suite du déclenchement de la guerre du Kippour.

Pendant ce temps, nos médias continuent à nous parler de mièvreries people, de la primaire à droite et du football comme si de rien n’était…

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Liens
[1] « La grande désillusion » –  Joseph E. Stiglitz  – 2002
[2] Le général américain Wesley Clark dévoile que les plans d’attaque US de 7 pays du golfe étaient déjà prêts quelques jours après le 11 septembre – interview ici.
[3] « La géopolitique du moyen orient expliquée… » – sur ce site
[4] « La fabrication du consentement » – 1988, Edition 2002 – Noam Chomsky
[5] Déclaration fracassante de Roland Dumas – vidéo ici.
[6] Messieurs Hollande et Valls, changez de politique… – Sur ce site

Article publié sur Agoravox ici.
(Peak #3)

6 réflexions sur “La bataille d’Alep, dos au mur les américains jouent au Dr Folamour

  1. Excellente vidéo de R. Dumas, sous l’œil désabusé d’A. Poniatowski et qui répond parfaitement à nos questions sur l’existence même de l’empire sioniste et son processus d’expansionnisme intrinsèquement mortifère. Je mets votre billet en section commentaire de mon billet = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/10/22/le-syndrome-messianique/ Qui traite du mensonge de la Terre Promise du peuple élu dont Bibi lui-même tente de faire perdurer et qui vacille suite à la résolution de l’UNESCO qui est intégré dans ce billet. Mais dont l’Empire Américain d’aujourd’hui s’est prévalu depuis 1492…

    J'aime

    • Elle est en effet en même temps la candidate de Wall Street et du complexe militaro-indus des USA, rôle habituellement dévolu au candidat républicain.
      Cependant, comme Trump (le Bouygues US) veut financer la remise en état des infrastructures américaines en déliquescence à la place des équipements militaires, cela exaspère évidemment les va t’en guerre, d’autant qu’il veut normaliser les relations avec la Russie
      Inacceptable pour les faucons (ou vraicons ?).

      Aimé par 1 personne

  2. Pingback: La bataille d’Alep, dos au mur les Américains jouent au Dr Folamour | Réseau International

  3. Il l’a finalement emporté celui qui a évoqué de nouvelles relations entre les EU et le reste du monde. La carte semble changer lentement mais surement ne serait-ce que du côté de l’Asie du Sud-Est… l’impression effective de la fin d’une époque, reste à déterminer ce qu’il adviendra de celle qui vient. Mitigé je suis, une intuition profonde m’incite à la prudence devant ce que fera D. Trump. Cette classe ouvrière qu’il prétend vouloir remettre en selle, je ne suis pas du tout convaincu qu’elle profite réellement de cette nouvelle élection. Il y a chez Trump des ressemblances troublantes avec le FN dernière mouture, la dernière carte d’un système à bout pour sauvegarder ce qui peut l’être?
    Merci du temps passé à concourir à la tentative de penser dans ces temps si troublés.
    Fraternellement

    Aimé par 1 personne

    • Contrairement à certains, je ne pense pas que Trump soit une nième marionnette de l’oligarchie.
      En effet, que peut on dire à ce niveau ?
      1) Trump ne fait pas partie de ce sérail politique qui n’a jamais vu une fiche de paie de sa vie (comme 95% de notre classe politique par exemple).
      2) C’est un entrepreneur qui a créé des milliers d’emplois dans son pays et qui a réussi à monter un empire industriel, non pas dans la finance ou la spéculation (beurk) , mais dans un secteur réel, qui fabrique des chose concrètes et utiles : le bâtiment.
      Tout le contraire d’une ordure finie comme un Soros par exemple.
      3) Les me(r)dias Français ont focalisé sur des petites phrases de campagne, certes très discutables, mais en éludant le gros de son discours. Il fut absolument incroyable de l’entendre dénoncer quasiment tout ce que l’on voit sur les sites et blogs non alignés par un candidat à la présidence US :


      4) Non moins incroyable fut sa victoire malgré la fraude électorale liées aux votes électroniques (FRaude non massive cependant car cela aurait été remarqué),
      5) Maintenant qu’il est au pouvoir, la grande question est « que fera t’il ? » ou « Que pourra t’il faire ? ». Car bien entendu les puissantes forces de la finance, du complexe militaro-indus, des médias et autres oligarques de tous poils vont tout faire pour lui barrer la route.

      La possibilité est réelle qu’il soit un grand président et qu’il tire le monde dans le bon sens, après toutes ces décennies de gabegies financiaro-atlantiistes.

      Ou alors, tout se terminera avant d’avoir commencé par un assassinat ou n’importe quel événement provoqué par ces dangereux (et hélas puissants) malades dont le chef de file était représenté par « la » Clinton.

      L’avenir nous dira rapidement ce qui va se passer, il est vrai que personne ne peut faire le moindre pronostic à l’heure actuelle.

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