L’esprit de Munich

« Vous nourrissez le crocodile en lui jetant les faibles en pâture croyant que vous serez les derniers mangés. Mais plus il bouffe, plus il est gros et plus il est gros plus il a faim »
Aimé Michel in « Lettres à B. Meheust »

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Septembre 1938 : le symbole de la lâcheté et de l’impuissance des états

En 1938, alors que la France et l’Angleterre ont un traité d’alliance avec la Tchécoslovaquie, Hitler annonce qu’il annexera « quoiqu’il arrive » la région des Sudètes à majorité germanophone, c’est l’Anschluss.
Cette annonce équivaut alors à une déclaration de guerre entre l’Allemagne et les 2 alliés de la Tchécoslovaquie.
Toutefois, pour préserver la paix à tout prix, une conférence de la dernière chance est organisée en septembre 1938 à Munich sous la houlette de Mussolini.

Les accords de Munich
La France de Daladier et l’Angleterre de Chamberlain décident alors en violation de leur parole et de l’accord d’assistance au peuple Tchèque d’abandonner la région convoitée à Hitler.
Le 5 octobre 1938, le parlementaire Winston Churchill fit la déclaration suivante devant le parlement Anglais (les Communes) :
“Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre.”

Cette victoire diplomatique renforça fortement le prestige d’Hitler en Allemagne réduisant au silence ses derniers opposants et
Churchill fut alors considéré par l’intelligentsia de l’époque comme un va t’en guerre.
L’histoire a aujourd’hui retenu les noms de Chamberlain et Daladier pour leur veulerie, leur lâcheté et la trahison de la parole donnée.

PARTIE 1 : LA FINANCE EST EN POSITION DE DOMINATION MONDIALE

L’ennemi mondialisé
La finance dont la vocation initiale était d’être au service de la société a largement débordé cette fonction pour s’emballer et se mettre à son propre service.

Concrètement cette dernière est constituée d’un petit nombre d’individus regroupés en oligarchie internationale (*) autour de 4 axes :

1. Une croyance : « Tout absolument tout peut se voir attribuer une valeur marchande »
2. Un objectif unique : « Prendre l’argent partout où il se trouve quel qu’en soit le prix »
3. Une arme imparable : La Mondialisation
4. Une stratégie : « Contrôler la planète par le biais d’une pensée unique »

(*) La question que certains se posent est de savoir si cette oligarchie est ou pas organisée avec un objectif long terme précis.
Les faits ne semblent pas le démontrer d’une manière flagrante au vu des catastrophes financières auxquelles on assiste même si l’on note quelques indices suspects comme les réunions périodiques très discrètes des Bilderberg et autres groupes.

La guerre totale
En général, les guerres sont déclenchées pour s’approprier des ressources convoitées que possède le voisin :
. Expansion territoriale (Ex : Israël > Palestine)
. Appropriation des ressources naturelles (Ex : USA > Irak)

Partout où l’on peut définir une valeur marchande, la finance fait tout pour s’approprier cette dernière et sauf accident, sa puissance et son appétit se renforcent sans cesse.

La finance mène donc une guerre totale pour s’approprier les ressources :
– des citoyens
– des entreprises
des états

Prise de contrôle des cerveaux
La prise de contrôle des cerveaux se fait grâce à l’établissement d’une pensée unique à travers la domination de l’école néolibérale depuis 30 ans. Le Keynésianisme a cédé la place à l’ultralibéralisme économique avec les croyances suivantes :
– Les intérêts particuliers sont prévalents
– L’intérêt général est la somme des intérêts particuliers
– Il faut entretenir la confiance des marchés (faire ce qu’ils demandent)
– Il faut de la croissance pour créer des emplois

Ces croyances sont relayées par les médias, enseignées dans les universités et ce discours reste le même malgré la preuve de son échec cuisant démontré par la crise en cours.
Les médias mainstream contrôlés par une poignée de grands groupes liés à la finance nous matraquent ad nauseam avec les mêmes formules clés :
« Si la la bourse augmente c’est bon pour l’emploi »
« Une inflation trop forte, c’est pas bon ! »
« Il faut redonner confiance aux marchés »
etc

Les économistes qui s’opposent à cette doxa ont été muselés durant 30 ans.
On constate cependant que l’étau se desserre un peu depuis quelques mois avec des voix comme celles de Paul Jorion, Frederick Lordon, Jacques Sapir ou Joseph Stiglitz aux USA qui commencent à être relayées.
Car en effet, certains de ces derniers ont tout de même été les seuls à avoir annoncé la crise 2 ans avant qu’elle n’éclate.

Le salut dans la croissance : une contre-vérité
L’idée concernant la croissance qui est le meilleur moteur pour créer des emplois est irréaliste et mensongère :
1. Elle est irréaliste…
…car une croissance de 3% annuelle sur 1 siècle correspond à un coefficient multiplicateur de …20 ! (1.03E100).
Dit autrement si on continuait sur cette lancée, dans 100 ans la planète subirait 20 fois plus de dégâts qu’aujourd’hui, sans compter que de nouveaux grands pays émergents (Chine, Inde…) sont à leur tour entrés dans la course au pillage des ressources.
Peut on réellement croire que l’on pourrait tirer 20 fois plus de ressources d’une planète déjà exsangue ?
2. Elle est mensongère…
… car les fruits de la croissance ne profitent aujourd’hui qu’à la finance grâce à l’arme des taux.

L’arme des taux
L’arme la plus utilisée par la finance pour contrôler ses victimes est celle des taux d’intérêts.
Si une entité qui use de flux financiers (État, entreprise, etc) n’a pas une politique qui induit la confiance des marchés, comprendre « dans l’intérêt de la finance » alors cette entité est dite mal gérée.
Si cette entité est décrétée comme étant mal gérée, les agences de notation vont abaisser leur note de confiance.
Or les taux d’intérêts accordés par les marchés sont directement liés aux notes attribuées par les agences, ils vont donc augmenter faisant peser sur l’entité un poids financier qui peut rapidement devenir insupportable.
Par ce biais, l’entreprise ou l’état est « invité » à maitriser ses dépenses, et notamment ses couts salariaux ou sociaux.

Prise de contrôle des entreprises
Toute entreprise contracte en permanence des prêts auprès des marchés pour se développer ou pour sa gestion courante.
En gros la valeur ajoutée créée par une entreprise est partagée entre :
– le patron
– les salariés
– les investisseurs

L’apparence
Les patron et les salariés négocient.
Si les salariés arrivent à obtenir des augmentations de salaire, le patron peut alors pour compenser augmenter ses prix l’année suivante.
Ce mécanisme bien connu est celui qui peut provoquer de l’inflation.

La réalité
Rappelons nous que l’inflation est l’érosion du capital, les investisseurs (prêteurs et actionnaires) n’en veulent donc à aucun prix.
Un indicateur appelé NAIRU a donc été imaginé pour contrôler l’inflation car cette dernière est inversement proportionnelle au taux de chômage.
La technique pour l’investisseur va consister faire pression sur le patron à travers l’augmentation de ses taux d’intérêts.
La conséquence est que le pourcentage prélevé par l’investisseur sur les gains de l’entreprise va mécaniquement augmenter.
La part restante réservée aux salaires, aux frais fixes incompressibles et au patron va arithmétiquement diminuer d’autant.
Si l’investisseur décide d’augmenter très fortement ses taux, le patron sera à l’extrême obligé de licencier des salariés pour assurer la survie de son entreprise.
Les salariés restants vont ensuite avoir peur de subir le même sort et ils se tiendront tranquilles en terme de salaire, l’inflation est alors maitrisée et l’investisseur s’est rempli les poches.
Il est dès lors clair qu’un taux de chômage minimum est nécessaire à une bonne maitrise de l’inflation car en période de plein emploi, les salariés sont en position de force pour revendiquer des hausses de salaires.

La conséquence est qu’avec une inflation même faible et avec une productivité maximisée, la part revenue au salarié sur les gains des entreprises s’est réduite au profit de celle des investisseurs.
La mondialisation est également un facteur très favorable à un nivellement par le bas des salaires.

BD_Jorion

Tout cela explique la baisse ou la stagnation des salaires dans les entreprises occidentales depuis 20 ans.

Il est remarquable de constater que les improductifs (parasites) ont réussi à phagocyter la plus grande partie de la valeur du travail de ceux qui produisent les richesses.
Ces improductifs ont encore fait plus fort en proposant de prêter aux salariés appauvris une partie de l’argent qu’ils leur ont détourné. Cet argent est une avance sur les futurs gains de ces salariés qui est effectuée moyennant finance à travers des taux d’intérêts !

Prise de contrôle des états
Les états étant les seules entités ayant la taille de s’opposer à elle, la finance a mis en place sur le long terme de nombreux mécanismes pour faire pression sur ces derniers.

Méthode de Clausewitz
Pour contrôler les états, la finance utilise le principe d’escalade des moyens offensifs héritée des techniques établies par Carl Von Clausewitz.
Les armes utilisée par la finance pour la prise de contrôle des états sont les suivantes :
– contrôle du monde politique par l’argent
– arme des taux d’intérêts
– FMI

Financement du monde politiques
Le financement des campagnes électorales est le premier moyen de mettre les partis politiques et les élus en position d’être redevables.
Une récente décision de la cour suprême américaine (sous contrôle Républicain) a récemment déplafonné les montants allouables aux campagnes électorales par les entreprises privées.
En clair, cela signifie qu’une barrière très importante vient d’être levée, un budget virtuellement illimité peut donc être alloué dans des opérations de dénigrement ou de soutien politique menés par les lobbies.
Cette mesure loin d’être anodine est passée inaperçue de ce coté de l’atlantique. Elle a fait dire le 1ier mai dernier au président Obama que le pouvoir qui lui est institutionnellement garanti n’est pas de taille vis-à-vis de celui dont disposent les lobbies financiers.

Armes financières d’attaques frontales
Nous avons comment l’arme des taux d’intérêts est utilisée pour attaquer les états. Si cette arme ne suffit pas, la finance dispose d’une force de frappe encore plus puissante à la mesure de la taille d’un état : le FMI.

Le FMI : Font Monétaire International
Lorsque le marché refuse de prêter de l’argent à un état pour cause de risques supposés trop élevés, le FMI est susceptible d’intervenir.
La mission officielle du FMI était à l’origine de lutter contre la pauvreté dans le monde.
Ce dernier propose alors des prêts à des taux très élevés dont les versements sont associés à des conditions drastiques dépendant de la situation du pays concerné.

Le FMI est une institution post Bretton Woods créée en 1944 sous contrôle américain. En effet, les USA disposent du droit de veto pour toute décision importante de cet organisme…!
Le fait que son directeur soit traditionnellement un Européen montre bien qu’il ne s’agit que d’un habillage car ce dernier est inféodé aux américains.

50 ans après sa création, le bilan du FMI est catastrophique avec une paupérisation de la majorité des populations soumises à ce dernier.
L’ex rapporteur de la FAO pour l’ONU Jean Ziegler a très bien dénoncé les agissements passés du FMI dans les pays du tiers monde.

Les conditions imposées par le FMI tournent en général autour de 2 exigences :
– privatisation des entreprises rentables, en particuliers celles qui exploitent les matières premières. Ces dernières sont alors rachetées par des entreprises transnationales.
– réductions des dépenses de l’état, sous entendu les dépenses sociales comme la santé, l’éducation ou la couverture chômage qui par nature ne sont pas rentables.

Les états qui ont commis l’erreur de faire appel au FMI se sont retrouvés dépouillés de leurs richesses et du contrôle de leur politique intérieure.
Dans certains cas, ces arrangements ont eu lieu dans des régimes dictatoriaux qui ont conduit en échange de la bienveillance des chefs d’état à leur enrichissement personnels.

Encore une fois, il y a d’un coté le discours et de l’autre coté les actes qui sont aux antipodes les uns des autres.

Les armes de contrôle globales : les banques centrales
La finance possède avec les banques centrales des armes de contrôles globales qui échappent à toute autorité des états .
Les plus connues sont la FED aux USA et la BCE en Europe qui déterminent la valeur des taux d’intérêts dits taux directeurs pour ces régions.
Ces taux servent à accélérer ou ralentir le crédit interbancaire, la politique décidée par les banques centrales sans aucun contrôle des peuples n’a qu’un objectif : contrôler l’inflation et assurer les taux les plus élevés possibles.

En cas de crise majeure, les banques centrales peuvent aussi se transformer en usines à billets en effectuant des prêts massifs aux grandes banques agréées qui sont en déroute.
Ces prêts à taux symboliques servent alors à refaire en cascade de nouveaux prêts de la part de ces même banques à des taux très supérieurs, par exemple ceux liés aux appréciations des agences de notation sur certains états très endettés.
Dans le cas de la Grèce, les banques se financent auprès de la BCE à des taux inférieurs à 1% pour lui prêter à leur tour à des taux compris entre 6 et 15% !
Grace à ce mécanisme, les banques refont leurs marges et renflouent leurs déficits dus à leurs erreurs passées et à des prises de risques trop importantes.

L’objectif étant de recommencer comme avant !

Le grand jeu de casino mondial
Recommencer comme avant signifie reprendre le grand jeu mondial de la finance sur les marchés en faisant porter les risques sur le dos des états et donc des populations.
C’est pour ce jeu que l’on a inventé le concept d’innovation financière !

L’innovation financière
L' »innovation financière » est une expression logomachique inventée par les spéculateurs pour jouer entre eux à la roulette mondiale en faisant prendre les risques par les autres.
Les produits financiers correspondants sont des objets souvent basés sur des concepts mathématiques très sophistiqués et qui ne servent strictement à rien sinon à créer des bulles financières qui finissent toujours par exploser.
Qui plus est l’introduction et l’utilisation de ces produits est complètement libre et incontrôlée.

Voici quelques exemples de produits financiers aujourd’hui médiatisés :
– Titrisation (revente à un tiers de créances ou du risque associé)
CDS (spéculation sur un risque pris par un autre)
– LBO (Rachat d’une entreprise par emprunt en assurant son remboursement sur le dos de ses salariés)
– VAD (Spéculation à la baisse de la valeur)
HFT (High Frequency Trading)

Le HFT est l’une des dernières innovation qui consiste grâce à des ordinateurs ultra rapides à lancer des ordres boursiers à hautes fréquences sans intervention humaine.
On considère que 60% des transactions mondiales passent aujourd’hui par ces systèmes. Le seul hic c’est que comme tout logiciel contient des erreurs (les fameux bugs), si l’un d’eux se met à dysfonctionner ou s’il rencontre l’un de ses pairs, il risque de faire exploser le système comme l’a montré le flash krach du 06 mai dernier qui n’a jamais été véritablement expliqué mais où ces algorithmes sont plus que soupçonnés.

Le cycle sans fin des bulles financières
La majeure partie des produits issus de l’ingénierie financière sont en gros construits pour être revendus en cascade avec des plus values basées sur la tromperie de l’acheteur.
Le résultat se traduit par une augmentation continue des indices boursiers appelées « bulles ». Ces hausses sont de plus en plus indépendantes des performances des entreprises puisqu’il s’agit d’une stratégie purement spéculative.
Lorsque la hausse spéculative est brutalement stoppée par un krach, alors des cascades de faillites d’établissements financiers sont annoncées.
Cela se nomme une crise financière.
Les états se sentent obligés de couvrir les pertes des banques pour éviter la destruction totale du système économique induite par celle du système financier, on entend alors des expressions telles que TBTF (Too Big To Fail) !

L’innovation financière est donc l’art et la manière de gagner (et perdre) de l’argent entre 2 crises sans travailler !

PARTIE 2 : L’ESPRIT DE MUNICH

La crise de 2007/2008
La dernière catastrophe en date a eu lieu en 2007 où la finance s’est une nouvelle fois pris les pieds dans le tapis avec la crise des subprimes qui continue de provoquer des dégâts aujourd’hui.

La bonne nouvelle pour la finance est que les états (les citoyens) ont épongé les pertes car on les a convaincus qu’ils n’avaient pas d’autres choix.
La moins bonne nouvelle est la médiatisation générale de ses méthodes scélérates aux service d’objectifs enfin visibles de tous.
Les dégâts collatéraux tels que le chômage ou la mort induite de populations réduites à la misère (exigences politiques du FMI) ne la concernent pas.

En 2007, les principales banques auraient du pratiquement toutes faire faillite comme toute entreprise dont le bilan est irrattrapable.
Les états déjà surendettés à cause des taux d’intérêts imposés par le marché ont alors emprunté encore plus pour éponger les déficits des banques, se retrouvant à leur tour en situation de quasi faillite même si cela n’a pas de sens légal pour un état.
Malgré ce sauvetage, les banques ont du jour au lendemain coupé les robinets du crédit aux entreprises (celui qui est utile) induisant alors la crise économique.
Cette crise à son tour a provoqué une forte augmentation du chômage estimée à environ 30 millions de personnes dans le monde.
Ce chômage a contraint les états à plus de dépenses de couverture et une diminution des recettes fiscales les forçant à augmenter leurs dettes par de nouveaux emprunts.
Aujourd’hui, le système se retrouve sous la forme d’une montagne de dettes, ces dettes sont largement supérieures à la capacité de création de richesse qui serait nécessaire pour les rembourser

L’impuissance des Européens
A Munich en 1938, la France et l’Angleterre ont abdiqué lâchement devant la puissance de l’Allemagne Hitlérienne, aujourd’hui, le comportement des chefs d’états Européens vis à vis de la finance est complètement similaire.
L’analyse de la crise est faite et les véritables causes sont connues. Les moyens d’une contre attaque contre la finance sont cependant identifiés comme nous le verrons plus loin.

Et à quoi assistons nous dans les faits ?

A une succession de sommets stériles comme les G8, G20 et tutti quanti. Aucune décision n’est prise car les lobbies avec leurs moyens colossaux veillent au grain.
Les seuls résultats de ces sommets sont des déclarations de pure rhétorique qui tentent maladroitement de dissimuler leur vacuité.

G20_Londres 2009G20 2009 : le symbole de la lâcheté et de l’impuissance des états

En Europe, quelques opérations de diversion telles que les stress tests bidons de quelques grandes banques sont menées et des discussions sans fin sur des mesurettes à apporter sur les règles de gestion des banques dans le cadre de la réforme bancaire de Bâle 3.

La mesure phare en discussion consisterait à relever les fonds propres des banques de 2% à 7% d’ici …. 2019 !

Et le leitmotiv habituel reprend, à savoir comme le dit très bien Paul Jorion :
« …chacun n’a plus qu’une chose à dire : ce qui pourra « rendre confiance aux marchés », en d’autres termes : ce que les marchés lui enjoignent d’affirmer… »

USA : La Bérézina d’Obama : Financial overhaul
Aux Etats Unis, le président Obama associé à Paul Volker (Ex directeur de la FED) a semblé montrer une réelle volonté de réguler le système afin d’éviter au minimum une nouvelle crise qui lui serait cette fois fatale si bien sur on arrive déjà par miracle à sortir de celle ci.
Une loi de régulation, le « Financial overhaul » qui devait être une sorte de « Class Steagal Act light » a été proposé au sénat américain.
54 lobbies financiers et 300 Millions de dollars déboursés pour faire des pressions ont vidé cette loi de sa substance, il n’en reste plus que 2500 pages d’arguties truffées de failles rédigées par les banques.

La Hongrie : une poche de résistance
Nous avons avec la Hongrie une illustration parfaite de l’ingérence de la finance dans la politique des états.
En effet, ce pays a décidé de taxer les banques à hauteur de 650M€ pour réduire son déficit et refuse la politique d’austérité dictée par le FMI (Directeur : D Strauss Kahn – Socialiste).
En retour le FMI refuse de lui verser la dernière tranche du prêt négocié.
Le FMI est en tout état de cause égal à lui même, il met en avant de grands principes humanistes alors qu’il n’est en réalité que le bras armé des américains dans le dépeçage des états vulnérables.

PARTIE 3 : LES ARMES D’UNE CONTRE-ATTAQUE
Certains économistes indépendants ont cependant déjà réfléchit aux mesures à prendre dans la situation actuelle.
Les principes directeurs ci-dessous pourraient servir de base à l’établissement d’un plan d’action complet :
– interdiction des paris sur les variations de prix (Paul Jorion)
– interdire la spéculation sur les matières vitales (Nourriture, eau…)
– séparer les activités de marché des banques des activités commerciales (« Class Steagall Act like »)
– renforcer les fonds propres des banques pour diminuer les risques, les ratios actuels entre les engagements et les fonds propres sont d’un ordre de grandeur de…100 ! (En vague discussion à BALE 3)
– casser le pouvoir monopolistique des agences de notations pour éviter les dérives et les erreurs passées, présentes et à venir
– lutter contre la dictature des taux d’intérêts qui sont l’arme n° 1 de l’ennemi
– autoriser les banques centrales à faire des prêts à taux nuls aux états
– et enfin, sortir de la globalisation qui est un échec démontré par les faits. Cela implique la sortie de l’illégitime Europe actuelle (Jaques Sapir)

CONCLUSION
Une concentration des richesses telle que celle à laquelle nous assistons est sans précédent dans l’histoire de l’humanité.
La finance est une bête féroce et affamée qui ne sera repue que lorsqu’elle aura avalé la planète entière.
Dès lors où elle aura tout détruit, elle se retrouvera à la tête d’un empire en ruine, car comme le cancer, la finance tue à petit feu l’organisme qu’elle parasite.
Comme en 1939, les états sont tétanisés par la puissance déployée en face d’eux, depuis 20 ans la dérégulation systématique a conduit le système financier dans un contexte de non droit total, une véritable anarchie financière.
Une bête féroce ne comprend qu’un seul langage : la force.
En 2007, l’animal était blessé à la suite du krach des subprimes et il fallait en profiter pour le museler.
C’est le contraire qui fut réalisé puisque les états ont soigné ses plaies.
Il est aujourd’hui beaucoup plus difficile de reprendre son contrôle car la bête a pour un temps repris des forces.
Il ne faut toutefois en aucun cas baisser les bras et poursuivre la lutte en imposant à travers la vox populi à nos représentants de prendre les armes contre cette maladie maligne qui s’est développée dans notre société.

Les mesures de contrôle à prendre contre la finance sont identifiées, Il reste à les imposer à cette dernière au besoin par la force sans avoir aucune crainte car…
…après tout, la finance combien de divisions ?

Article publié sur Agoravox

Liens
. Jacques Généreux sur France Info
(Merci pour le titre !)
. Comment les banques centrales triomphent de l’inflation (Jorion)
. Jacques Sapir : changer l’Europe, pour rompre avec la globalisation
. L’illégitime traité de Lisbonne
. Déclaration Winston Churchill
+ Hebdomadaire français Match du 29 septembre 1938, p. 4

Sur ce site
. G20 – G Vain ?
. Le pouvoir exorbitant des agences de notation
. Le NAIRU ou pourquoi le chômage ne baissera jamais
. La spéculation attaque notre (R)UE
. Traité de Lisbonne, article 123 : le coup d’état de la finance

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