HELLFEST 2016

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La petite ville de Clisson en Loire Atlantique est sans conteste devenue la Mecque française du métal grâce à son célébrissime festival, une thèse sociologique vient même d’être réalisée sur le sujet.
Cette onzième édition du Hellfest a confirmé la confiance totale de son public en vendant pratiquement tous les billets avant d’avoir annoncé le moindre groupe. Et encore, les organisateurs ont décidé de suspendre les ventes afin que les derniers acheteurs puissent commander leur sésame après l’annonce du programme.

Autre réussite, après une certaine méfiance lors des premières années due aux habituels préjugés sur le rock, les autochtones sont maintenant complètement rassurés. En effet, ces derniers ont constaté que le public, malgré son look ravageur, est non seulement inoffensif mais qu’il est à contrario très courtois, convivial et surtout bon consommateur !

Dans leur grande majorité, les locaux attendent donc chaque année le festival avec impatience et également avec une certaine fierté car le Hellfest a rendu Clisson célèbre dans toute l’Europe.
Même les personnes âgées se ruent sur la visite du site organisée spécialement pour eux par le maire de la ville un peu avant l’ouverture des portes, voir ce surprenant reportage ici.

Sur un total d’environ 160 groupes programmés sur trois jours, il faut jongler entre les horaires et les six scènes afin d’établir son programme.
Voici donc une sélection complètement subjective d’une dizaine de groupes ayant joué les vendredi et samedi.
(Exercice de Maths, bac S 2016 : calculer le nombre total de combinaisons possibles à partir du programme du Hellfest).

Jour 1 : Vendredi 17 juin

Arrivée à l’entrée du festival un peu en avance avec comme premier concert prévu le set d’Audrey Horne, le jeune groupe norvégien de Hard Rock qui monte.
L’entrée dans la zone des concerts se fait à travers la fameuse cathédrale qui filtre les arrivants.

CathedraleLa « terrible » queue devant la cathédrale.

Hélas, la longue attente pour passer cette dernière -plus d’une heure- ne permit pas d’arriver à temps devant le mainstage 1.
(Grand moment de frustration, mais restons de bonne humeur).

Le premier groupe découvert en live sur cette édition fut donc Nashville Pussy.

Nashville Pussy

Nashville Pussy est le groupe des époux Cartwright/Suys. Ces jeunes gens (enfin plus si jeunes) vivent pleinement leur Rock’n’Roll way of life : albums, tournées et concerts.
Malgré de fréquents changements de personnels au niveau de la section rythmique, la musique reste identique : un boogie rock à tendance sudiste mâtiné d’AC/DC.
Un peu répétitif sur disque, le groupe prend sa dimension sur scène avec un set effréné où les morceaux s’enchainent sans temps morts.

NashvilleNashville Pussy sur le mainstage 2

Mention spéciale à Ruyter Suys pour son jeu de scène et son énergie.
Dommage qu’une averse se soit invitée lors du dernier morceau du concert.
(Courage, après le temps exécrable des dernières semaines, le Dieu du Métal -avec Lemmy- sera avec nous pour chasser les nuages).

A l’issue de ce premier événement, un long break avant le groupe suivant permit de batifoler sur le site et de découvrir les nouveaux aménagements.

C’est la Warzone qui fit l’objet des derniers investissements du site, une surprise de taille nous attendait avec une statue du regretté Lemmy décédé en décembre dernier.

Statue LemmyLa plus grande statue de Lemmy au monde

Difficile d’imaginer que pas plus d’un au auparavant, exactement au même endroit, nous assistions sans le savoir à l’un des derniers concerts de Motorhead
(Grand moment de tristesse).

Pour ceux qui ne seraient jamais allés au Hellfest (j’en connais !), il faut savoir que le contact entre festivaliers est très facile.
Ici nous ne sommes pas dans la vie ordinaire et tout le monde parle spontanément à tout le monde, que vous soyez beau, moche, vieux ou jeune n’a aucune importance, c’est la grande fraternité du métal.
(Difficile à concevoir non ?).

Copains HellfestAu Hellfest, on se fait très vite des copains !

Turbonegro

17h40, en route vers le mainstage 2 pour le concert des vétérans du punk norvégien Turbonegro.
Look étonnant avec tenues de jardiniers ou de marins n’étant pas sans rappeler les Village People de triste mémoire !
Musicalement, le concert fut de bonne qualité avec un gros son et quelques hits bien balancés.

TurbonegroTurbonegro on stage avec leur look de tarl… heu, un peu spécial !

(Bravo les Turbonegro, cependant votre look est peut être à revoir légèrement non ? Car il pourrait laisser planer une légère ambiguïté sur…
Attention, je dis cela mais je n’ai rien dit car je ne veux pas de problèmes avec le lobby LGBT).

Un petit regard pas vraiment prévu sur Volbeat, mais qui finalement délivra un très bon set avec gros son.

Ramstein

Vient enfin le tour des allemands de Ramstein, le groupe vedette de la soirée.

RamsteinRammstein (au zoom)

Hélas n’ayant pu se rapprocher suffisamment pour cause de densité humaine trop importante, il fut difficile à cette distance de juger de la prestation de ce groupe très visuel avec moult effets pyrotechniques…
(Bon, dit autrement on n’a carrément rien vu).

Jour 2 : Samedi 18 juin

Le samedi proposait un programme nettement plus alléchant avec pour commencer le premier concert en France de Sixx: A.M.

Sixx: A.M.

Mötley Crüe étant en apparence out, son ex leader Nikki Sixx a remonté un groupe avec quelques potes prestigieux.
Jugez plutôt : le guitariste DJ Ashba, ex-Gun’s’N’Roses, James Michael, chanteur/compositeur/ producteur pour Meat Loaf, Scorpions et … Mötley Crüe.

SIXX AM 1Sixx A.M. on stage

Sur scène, on constate immédiatement avec un feeling très communicatif que le groupe est soudé et complice. Leur répertoire constitué de trois albums avec plusieurs hits à leur actif permet de présenter un set très accrocheur.

SIXX AM 2DJ AShba, James Michael (au centre), Nikki Sixx (à droite)

Mention spéciale au charisme et au plaisir manifeste de jouer ensemble des musiciens qui crée immédiatement la petite étincelle avec le public.

SIXX AM 3Sixx: A.M. était attendu par le public

Un son un peu plus peaufiné et une expérience de quelques dizaines de concerts supplémentaires auraient sans aucun doute créé l’événement de ce samedi avec LE concert de la journée, celui que l’on attend sans savoir à priori quel groupe décrochera le pompon !
(Allez Nikki, il faut tourner, tourner et encore  tourner).

Un petit break puis c’est au tour de Foreigner de fouler le sol du mainstage 1.

Foreigner

Foreigner est l’un des groupes de Hard Rock ayant vendu le plus d’albums dans le monde grâce à ses innombrables hits. Même s’il annonce 40 ans de carrière au compteur, le seul membre originel du groupe est son leader Mick Jones qui en fut le principal compositeur.
Suite à des problèmes de santé, le grand Lou Gramm a du céder sa place à Kelly Hansen au micro.
Ce fut une chance pour le groupe qui a pu renaitre de ses cendres, en effet le nouveau chanteur possède un timbre et un talent quasiment identique à celui d’origine.
Le concert du Hellfest fut un grand moment avec le défilement des principaux hits du groupe pour le plus grand plaisir du public.

Foreigner_1« Foreigner 40 », pour 40 ans de carrière.

Kelly Hansen, outre le fait d’être un très grand chanteur est également un véritable performer, il est partout en même temps sur la grande scène du mainstage 1 et crée une véritable dynamique festive.

Foreigner_2Jeff Pilson à la basse et Kelly Hansen au micro

Mick Jones épaulé par pas moins de 2 guitaristes semble un peu diminué physiquement (il a des problèmes cardiaques), mais ses qualités musicales n’en sont nullement affectées.
Nous eûmes droit à des parties de guitares à 3 absolument fabuleuses, un véritable déluge !

Foreigner_3Moment magique avec 3 guitares

Ce concert fut donc à mon sens le meilleur de la journée, en effet, il s’achevait déjà sans que l’on aie vu le temps passer.
(Sans conteste LE concert du week-end…à moins que… il faut lire l’article jusqu’au bout).

Un nouveau petit break avant d’avaler pas moins de trois concerts à la suite.

Au Hellfest, comme dit la pub « venez comme vous êtes », sauf que là c’est du vrai.

DéquisementsTous les looks sont permis au Hellfest.

Après cette récréation, il est temps de reprendre les hostilités en s’installant devant la grande scène 1 pour assister au set du prodige de la six corde Joe Satriani.

Joe Satriani

Il est clair que nul ne peut raisonnablement accepter de mourir avant d’avoir vu le grand Joe Satriani sur scène.

IMG_3214Joe Satriani, un Dieu vivant de la guitare.

Bien entendu, les musiciens et le son furent parfaits, cependant une suite d’instrumentaux, si brillants soient ils finissent par occasionner une certaine lassitude.
(Joe c’est très bien toute cette virtuosité, mais je ne sais pas, peut être pourrais tu tenter de prendre quelques cours de chant, dans ta douche peut être ?)

Disturbed

C’est le tour de Disturbed, le groupe de David Draiman, chanteur d’origine juive dont la famille fut rescapée des camps nazis.

Disturbed 1David Draiman, Dan Donegan (guitare) et Mike Wengren (batterie)

Le groupe est très métal mais il possède heureusement aussi des titres moins lourds dont leur célèbre reprise de Simon et Garfunkel « Sound of silence ».
La force du groupe réside dans la voix particulière de leur chanteur qui impressionne par sa puissance.

Disturbed 2« The sound of silence »

A l’instar de Sixx A.M., ce concert du Hellfest était la première apparition du groupe en France, c’est peut être pour cela que 3 membres du groupe de Nikki Sixx furent invités pour un bœuf mémorable où l’on vit une fabuleuse reprise de « Shoot at the devil » des Crüe.
Cela semble donc naturel chez Disturbed d’inviter des musiciens à leurs cotés car le grand Glenn Hugues déboula également pour un duo fracassant avec David Draiman.

Disturbes 3 InvitésAvec Sixx A.M. et avec Glenn Hugues

Magnifique concert qui montra que le groupe sait d’où il vient en invitant ses illustres prédécesseurs à jammer avec lui.
(Là les gars, je dis bravo. David tu as du coffre et c’est cool d’inviter les copains).

Within Temptation

Sans transition, les Hollandais de Within Temptation investissent le mainstage 1 avec leur Hard Rock symphonique.

WT 1Within Temptation, oh la belle déco !

On note immédiatement l’aménagement de la scène très esthétique avec des écrans vidéo surplombés par une sorte de mezzanine permettant au groupe d’apparaitre sur deux niveaux.
Le son est excellent et les musiciens, en particulier les guitaristes occupent l’espace disponible avec un jeu de scène très rock’n’rollesque.

WT 2Sharon den Adel en duo avec Tarja Turunen (à droite)

A noter l’apparition de Tarja Turunen sur le morceau « Paradise » issu du EP éponyme paru en 2013. Un moment très sympathique qui restera gravé dans la mémoire de ce festival.

Malgré ces bons points, le style de musique du groupe finit par être un peu lassant après plusieurs morceaux, sauf lors de l’interprétation des hits tels que « Faster » ou « Mother earth » qui conclut le concert.
(Oui, bon on ne s’est pas ennuyé tout de même, je n’ai pas dit ça non plus).

Après un nouveau break, il est temps de monter sur scène pour l’inattendu groupe vedette de la soirée « Twisted Sister ».

Twisted 1

Twisted Sister

Le choix de Twisted Sister en tête d’affiche peut paraitre un peu étrange car du temps de leur énorme succès outre atlantique, ces derniers étaient de parfaits inconnus en France.
(Les gars, on vous a attendu si longtemps qu’on en aurait presque des cheveux blancs !).

Cependant, leurs prestations précédentes au Hellfest (2010, 2013) furent tellement fabuleuses qu’ils conquirent probablement ici même leur public et leur réputation (tardive) dans nos contrées.
Malgré cela, on soupçonne que Ben Barbaud avait probablement un méga groupe en vue pour cette soirée mais que le deal ne s’est pas concrétisé.
De plus, le groupe inconsolable d’avoir perdu subitement son batteur A.J. Pero en 2015, annonce que cette tournée sera leur dernière et qu’à l’issue de celle ci, il n’y aura plus de « Twisted Sister » (sic).

Twisted 3Twisted Sister au Hellfest 2016, la dernière tournée ?

Le concert fut à la hauteur du talent du groupe avec un Dee Snider, grand performer  venu pour bouffer tout cru le public nombreux qui se pressait devant la scène.

Twisted 2Jay Jay French (guitare), Dee Snider, Mark « The Animal » Mendoza (basse)

Durant le concert, les Twisted Sister avaient également prévu un invité venu pour rendre hommage à Lemmy. Il s’agissait du guitariste de Motörhead, Phil Campbell.

Twisted 4Twisted Sister avec Phil Campbell

Personne ne fut déçu de ce fabuleux concert parsemé d’interventions très second degré du chanteur avec son langage, disons plutôt coloré !
Bien entendu, la musique très festive du groupe y fut pour beaucoup et tous leurs méga hits passèrent à la moulinette de leur immense talent pour un concert inoubliable.
(Dis Dee, j’espère que tu vas nous la jouer à la Scorpions ou Judas Priest avec une « fucking » reformation surprise dans un an ou deux, mmm ?).

Le troisième jour, traditionnellement plus métal fut zappé pour cause de retour sur Paris.

Mais, ce n’est pas fini…

Après le retour, le dimanche même, je sirotais un jus de pommes bio en lisant la plaquette de cette édition 2016.
Mon attention fut attirée par un groupe suédois qui ne semblait pas banal, d’ailleurs au même moment, ce groupe jouait sur le mainstage 2 à 450 km de là !

Après écoute attentive de leurs trois albums, j’affirme que ce groupe va devenir énorme.

J’espère aussi faire mentir Benjamin Barbeau qui s’inquiète à juste titre de la relève des méga groupes que produisait le système, ce dernier s’étant enrayé en corrélation avec le téléchargement massif.

Le groupe en question se nomme bien entendu Ghost.

Ghost

Le concert de Ghost le dimanche, visualisé en vidéo confirme la dimension exceptionnelle de ce groupe qui a l’étoffe des plus grands.
Une musique complètement originale mêlant le Hard Rock au Doom Metal avec des refrains pop, le tout accompagné d’une image théâtrale forte.

GhostDimanche 19 juin, Ghost sur le mainstage 2

Le chanteur du groupe surnommé « Papa Emeritus » au look de pape sataniste, des musiciens masqués (les goules), des mélodies imparables et des refrains liturgiques accompagnés sporadiquement de paroles en latin contribuent à construire un ensemble totalement original.
(Et si c’était Ghost la meilleure prestation de ce festival 2016 ? Par Satanas, nous ne le saurons jamais !)

En guise de conclusion, il est indéniable que ce festival fut à nouveau une réussite.

Sans vouloir faire la fine bouche, on pourrait tout de même remarquer que de nombreux groupes mainstream ne sont jamais venus au Hellfest et qu’un peu plus de renouvellement serait le bienvenu.
Quelques suggestions furent faites l’an dernier ici.

Ceci étant dit (compris Mr Barbeaud ?), rendez vous dans un an, même endroit, même date.
Youpiiiiie…

capa da postagemArticle publié sur Agoravox ici.

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