Synthèse sur l’Ukraine, une contre-propagande médiatique

Euro_nazi flag

La crise en Ukraine fournit l’exemple d’une tentative de manipulation médiatique majeure.
Cette dernière prend sa source au niveau des pouvoirs politiques avec le relais bienveillant des médias dominants.

Il est donc indispensable d’allumer un maximum de contres feux et de rétablir sans parti pris la réalité des choses.

L’Ukraine est un pays de 45 Millions d’habitants, le 2ième d’Europe par sa superficie.
A l’est le pays est frontalier avec la Russie, coté ouest on trouve la Pologne et la Roumanie, toutes deux Membres de l’Union Européenne et de l’OTAN.
Depuis des siècles, ce pays a pratiquement toujours été dominé par des puissances extérieures, la dernière en date étant l’Union Soviétique.
Il finit par accéder à l’indépendance en 1991 à la suite de la chute du bloc de l’Est.

Le pays est divisé car une partie de sa population tournée vers l’Ouest milite pour son rattachement à l’U.E.
L’autre partie penche de son coté pour un rapprochement régional avec la Russie.

La carte des tendances électorales ci-dessous illustre cette dichotomie :

Ukraine-Elections 2010Élections 2010, en bleu les pro-Russes, en orange les pro-occidentaux

L’Ukraine est également la plaque tournante du transport de gaz Russe avec ses milliers de kilomètres de pipe-lines [1].
Fait rarement souligné, on dispose là bas d’un réservoir de main d’œuvre à bon marché avec un salaire mensuel moyen d’environ 200 € en 2012.

Il est également important de noter que ce pays possède un parc électronucléaire dont la sécurité est loin d’être assurée. Rappelons que le célèbre site de Tchernobyl se trouve en Ukraine.

Depuis son indépendance, l’Ukraine a connu des gouvernements successifs minés par la corruption, qu’ils soient pro-occidentaux (Ioulia Tymochenko) ou pro-russes (Viktor Ianoukovytch).
Le dernier président élu d’une manière parfaitement régulière (source OSCE) fut Viktor Ianoukovytch en février 2010, ce dernier représente le « parti des régions ».

la figure ci-dessous montre le résultat du 1ier tour des élections de 2010 :

Ukraine-Elections 2010-02Résultat du 1ier tour des élections de 2010

On note au passage les noms des principaux partis politiques d’Ukraine avec les 2 premiers qui recueillent 60% des voix :
Parti des régions : politique régionale de centre droite proche de la Russie
Bloc Ioulia Timochenko : ultra-libéraux pro-occidentaux

A. LES ÉVÉNEMENTS RÉCENTS
En 2013, le président en exercice Viktor Ianoukovytch est en négociation au sujet de la signature d’un accord de libre échange avec l’U.E.

Considérant que la proposition de l’U.E. n’est pas compatible avec les intérêts du peuple Ukrainien, il décide en novembre 2013, dans le cadre de son mandat, de suspendre les négociations avec cette dernière et d’en lancer d’autres avec la Russie (*).

(*) La Russie ayant fait une contre-proposition plus avantageuse.

Les manifestations place Maïdan
L’opposition pro-européenne, mécontente, organise alors des manifestations, pacifiques dans un premier temps, sur la fameuse place Maïdan à Kiev (la capitale) rassemblant parfois jusqu’à 100 000 sympathisants pro-occidentaux.

Qui sont les manifestants ?
D’après les observateurs, les manifestants du Maïdan [2] étaient composés de quatre différents groupes positionnés sur un spectre politique allant de la droite à l’extrême-droite :
– « Batkivshina » (Patrie) : droite ultra-libérale
– « UDAR » : droite pro U.E.
– « Svoboda » (liberté) : extrême droite néo-nazie
– « Pravyi Sektor » (secteur droit) : extrême droite néo-nazie avec milices armées

Batkivshina
Le parti Batkivshina ou Union panukrainienne « Patrie » est une coalition ultra-libérale dirigée par Ioulia Timochenko.
Ce parti est la composante principale du Bloc Ioulia Tymochenlo.
Cette dernière est l’égérie de la révolution orange de 2004 connue en occident par sa coiffure de paysanne ukrainienne qui a fait le tour des médias.

TimoschenkoIoulia Tymochenko

Elle fut premier ministre en 2005, puis accusée de corruption et emprisonnée lors du changement de régime en 2010.

UDAR
L’UDAR ou Alliance Démocratique Ukrainienne pour la Réforme est un parti libéral et pro-européen, ce dernier est patronné par la CDU d’Angela Merkel et l’IRI du républicain américain John Mac Cain [2].

Svoboda
Svoboda (liberté en ukrainien) est un parti d’extrême-droite ultranationaliste néonazi [3], antisémite dirigé par Oleh Tyahnybok.

TyahnybokOleh Tyahnybok

Ce parti a été créé en 1991 par ce dernier sous l’appellation « Parti National Socialiste d’Ukraine« .
La référence au « Parti National Socialiste Allemand » (parti nazi) fondé en 1920 est on ne peut plus claire.

Son emblème originale est d’ailleurs inspirée de celui de la 2ième division SS « Das Reich » de 1944. Dans le but de faire croire à un parti modéré, le nom du parti s’est transformé en « Svoboda » et l’emblème a été transformée.

WolfsAngeslL’emblème de « Das Reich » et celle de Svoboda (avant et après)

Sur la figure ci-dessus, on distingue à gauche l’emblème de la division nazie « Das Reich », au centre celle de Svoboda lors de sa fondation et à droite l’emblème plus récente de ce dernier, beaucoup moins explicite.

Pravyi Sektor
Pravyi Sektor (Secteur Droite) est un autre parti néo-nazi encore plus radical qui considère Svoboda comme trop mou [3].
Pravyi Sektor est un mouvement qui prône la violence, il possède des groupes paramilitaires bien entrainés.

L’Ukraine est un pays qui possède d’importantes mouvances nostalgiques du nazisme.
Ces dernières sont en particulier présentes dans la ville de Lviv à l’ouest qui est l’un des bastions historiques du fascisme ukrainien.

Les manifestations dégénèrent, 100 morts place Maidan…
Le 15 décembre 2013, le premier ministre ukrainien participe à un sommet à Moscou pour discuter d’une possible adhésion à l’union douanière eurasiatique (Russie, Biélorussie et Kasakstan).
Début 2014, sur la place Maïdan, les manifestations dégénèrent, des coups de feu éclatent et on commence à dénombrer des victimes dans la foule et dans les forces de l’ordre.

Entre le 18 et le 20 février, on dénombre 100 morts répartis du coté des manifestants et de la police anti-émeute.

Qui sont les tireurs ?
La question fondamentale est bien de savoir qui a déclenché la tuerie du 20 février.
Le gouvernement « transitoire » qui a pris le pouvoir 3 jours après a évidemment affirmé que ce sont les forces spéciales de Ianoukovitch qui en furent à l’origine.
Cette question sera traitée en détail plus loin.

21 février 2014 : accords de Kiev
Sous la pression des violences (le crime paie !) , après une négociation marathon, le président consent le 21 février des concessions majeures à l’opposition [4] :
– élection anticipée
– diminution constitutionnelle des pouvoirs du président
– formation d’un gouvernement d’union nationale

22 février 2014 : le coup d’état
Malgré l’accord signé, le 22 février, la RADA (parlement) vote en toute illégalité la destitution du président en exercice.
Le parlement a t’il été « convaincu » de signer la destitution de Ianoukovitch ?
C’est ce que dénonce l’économiste Natalia Vitrenko, fondatrice du PSPU (Parti Socialiste Progressiste d’Ukraine ).
Podcast ici.

Un gouvernement de transition illégitime
Un gouvernement de transition dirigé par Yatsenniouk (6.9% des voix aux élections de 2010) est désigné par le « conseil du Maïdan« .
Le gouvernement de 19 ministres est alors constitué, il se répartit de la manière suivante [5] :
– « Batkivshina » (Patrie) : 5 ministres dont le 1ier ministre Arseni Yatseniouk.
– « Svoboda » et « Pravyi Sektor » : 7 ministres
– Ultra-libéraux non affiliés à un parti : 7 ministres

Les différents partis représentant ce gouvernement représentent au maximum 33% de la population .

Les néo-nazis Ukrainiens au pouvoir…
Le plus grave dans cette affaire est la présence dans ce gouvernement de 7 membres du parti Svoboda, certains étant d’anciens membres de Pravyi Sektor.
Ces deux mouvements sont d’authentiques groupes néo-nazis [3], racistes, antisémites et qui font l’apologie de Stepan Bandera, un collaborateur notoire des nazis durant la dernière guerre.
Ce dernier a été qualifié par l’organisation juive « Centre Simon Wiesenthal » de collaborationniste nazi responsable du massacre de milliers de Juifs pendant la guerre de 1939-1945.

Le visage de la « révolution » est d’abord illustré par la vidéo ici où on voit une bande de parlementaires putschistes molester le directeur de la TV pour le forcer à signer sa démission.

Comme on pouvait s’y attendre, l’est de l’Ukraine à majorité pro-russe s’est soulevé, ne reconnaissant pas la légitimité du gouvernement de Kiev.
Les néo-nazis présents dans ce dernier ne se cachent d’ailleurs pas de vouloir « griller du Russe ».

03 mai 2014 : Le meurtre en masse de pro-russes d’Odessa
Le 03 mai, un groupe de manifestants pro-russes non armés poursuivis par les milices du Pravyi Sektor a trouvé refuge dans un immeuble appelé « Maison des Syndicats ».
Les milices fascistes ont alors incendié le bâtiment puis achevé au sol ceux qui avaient tenté de sauter par les fenêtres.
Les images (très dures) sont disponibles ici [6], le bilan fut très lourd avec 40 morts.

Comme on le verra plus loin, l’occident n’hésite pas à s’allier avec de tels individus pour tenter d’arracher l’Ukraine à l’influence Russe.

B. QUI A DÉCLENCHÉ LE BAIN DE SANG PLACE MAÏDAN ?
La question fondamentale est de savoir qui est responsable du bain de sang place Maïdan, c’est en effet cet événement qui a induit la destitution du président élu en 2010.

Les quelques éléments d’enquête dont on dispose suffisent à établir les faits suivants :
– les blessures des victimes des deux camps étaient de même type
– des snipers ont tiré sur la foule depuis le QG de l’opposition

Un même groupe armé a tiré sur les 2 camps
Les blessures constatées coté forces de l’ordre et coté manifestants sont du même type, ce qui tend à démontrer que c’est une seule et même équipe de snipers qui a ouvert le feu sur les civils et sur les forces de l’ordre.
Cette information provient d’une conversation téléphonique ayant eu lieu le 25 février dernier entre la vice-présidente de la Commission européenne, Catherine Ashton, et le ministre estonien des Affaires étrangères, Urmas Pae.
Cette conversation a été confirmée par le ministre lui même.
Hormis les forces de l’ordre, le seul groupe armé répertorié sur la place Maïdan était les milices de Pravyi Sektor, on en déduit facilement qui peut être à l’origine de la tuerie.

Une chaine publique…allemande mène l’enquête
La chaine publique régionale allemande ARD, a diffusé une enquête sur les responsables du carnage du Maïdan le 20 février : ici.

Seul le site de France Télévisions a relayé cette information.

Les tirs sur la foule provenaient….du QG des forces rebelles !
Cette enquête démontre que des snipers ayant tiré sur la foule étaient postés dans l’hôtel Ukraina qui servait de QG aux forces rebelles.
Bien entendu, le gouvernement putschiste ne risque pas d’enquêter sur ses propres crimes comme le montre la fin du reportage où le journaliste pose la question au ministre Oleg Makhnitski (parti Svoboda) qui répond :
« Nous enquêtons sur ce point. »…

Le scénario le plus probable
Le 20 février, le groupe néo-nazi Pravyi Sektor a « opportunément » déclenché un bain de sang pour déstabiliser le gouvernement en place. Puisque ce dernier fait partie des putschistes, le risque d’enquête le mettant en cause ultérieurement est nulle.

Il fut ensuite aisé de laisser entendre que la police a tiré en premier sur la foule pour réprimer les manifestations, cette assertion ayant alors justifié l’éviction du gouvernement.

C. GÉOPOLITIQUE DE LA RÉGION
La politique eurasiatique menée par les États Unis et ses alliés européens est issue d’une doctrine post-soviétique vieille d’une vingtaine d’années.
Cette dernière fut élaborée en 1994 par Zbigniew Brzezinski, conseiller d’origine polonaise des présidents américains.
Elle est décrite dans son ouvrage intitulé « Le grand échiquier« .

La doctrine Brzezinski
Après la chute de l’Union Soviétique, dans le cadre d’une stratégie visant à conserver l’hégémonie américaine, il faut « empêcher l’émergence de toute puissance concurrente ». En particulier à l’est, tout doit être fait pour que la Russie ne redevienne pas une grande puissance.
Une condition suffisante serait que cette dernière reconstitue un bloc avec les 3 pays suivants [1] :
– Biélorussie
– Kazakhstan
– Ukraine

Or, les deux premiers étant déjà associés à la Russie dans le cadre d’une union douanière, il faut absolument éviter que l’Ukraine ne les rejoigne.

Cela explique pourquoi les États-Unis utilisent l’Europe pour intégrer l’Ukraine à l’Ouest, sans être trop regardant sur la nature de ses alliés dans ce pays.

L’interventionnisme de l’Europe
L’U.E. est comme d’habitude divisée sur la question ukrainienne, 3 pays font cependant preuve d’un certain activisme sur le sujet :
– Allemagne
– Pologne
– France

L’Allemagne possède des intérêts en Ukraine, ce qui explique son implication.

Les relations entre la Pologne et la Russie sont historiquement très mauvaises.

Quand à la France, on se demande quels sont ses intérêts directs, sinon qu’elle semble être devenu le nouveau toutou des États-Unis à travers son récent strapontin dans l’OTAN.
On peut estimer que notre président, en berne dans les sondages (c’est peu dire), tente d’exister sur la scène internationale en jouant une fois de plus les gros bras avec des moyens qu’il n’a pas.
Après tout, cette politique n’est que la suite logique de l’une des plus graves erreurs faites par le régime précédent en nous faisant réintégrer l’OTAN.

Le nouveau régime poursuit donc dans cette direction atlantiste, tournant le dos définitivement à la politique gaulliste d’indépendance nationale.

D. LA POSITION DE LA RUSSIE
La Russie est donc bien le pays qui est visé par la politique occidentale en Ukraine.

Il faut noter que ce pays est limitrophe à la Russie avec une frontière partagée d’environ 1500 km.
Par ailleurs, la base navale de Sébastopol en Crimée est une composante essentielle de la flotte russe de la mer noire.

Dans ces conditions, on comprend aisément que la Russie ne peut accepter que l’Ukraine tombe dans le giron occidental. Le pire pour les Russes serait que ce pays rejoigne l’OTAN, comme cela fut déjà évoqué à plusieurs reprises.

L’occident menace directement la Russie
La frontière Russe étant directement menacée, la situation actuelle pourrait être assimilée à une crise inverse de celle de Cuba en 1961.
Comment réagirait la France, si la Belgique par exemple, était déstabilisée par la Russie qui tenterait de la faire entrer dans une alliance militaire orientale ?

Le cas de la Crimée
La Crimée faisait partie de la Russie jusqu’à 1954, à cette date, elle fut « cédée » à l’Ukraine qui était alors membre de l’union soviétique. Elle devint alors une république autonome rattachée à l’Ukraine.
La population de la Crimée est constituée à 60% de Russes, 15% de Tatars et seulement 25% d’Ukrainiens.

A l’issue du coup d’état en Ukraine, et devant les craintes suscitées par la prise de pouvoir des néo-nazis, un référendum fut organisé en Crimée. Le résultat de ce dernier indiqua que 96% de la population souhaitait le rattachement de la Crimée à la Russie.
Ce référendum est légal comme l’indique la charte des nations unies au sujet du droit des peuples à disposer d’eux mêmes.
Les précédents sont nombreux.

E. L’INGÉRENCE OCCIDENTALE
L’ingérence occidentale dans les affaires ukrainienne est illustrée par de multiples exemples.
Plusieurs organisations occidentales interviennent en Ukraine.
Ces dernières agissent dans le cadre d’un programme américain d’incitation des populations de l’ex-URSS à se soulever contre ses dirigeants.
L’enquête suivante explique en détail cette stratégie :
Comment la CIA prépare les révolutions colorées (vidéo).

Sponsorisation de l’UDAR
On a déjà vu précédemment les liens existants entre l’UDAR et la CDU Allemande ainsi qu’avec l’IRI du républicain américain Mac Cain.

Un ancien candidat à la présidence US harangue la foule à Kiev
John Mac Cain est l’ancien candidat républicain à la maison Blanche vaincu par Obama en 2008.
Il est le président de l’IRI, un organisme chargé d’exporter la « démocratie américaine » sur toute la planète.

Mac Cain n’hésita pas à prendre la parole place Maïdan devant la foule des manifestants et à rencontrer le triumvirat de l’opposition au Maïdan , incluant le néo-nazi Tyanybok, interdit d’entrer aux états unis pour cause de discours antisémites [2].

BHL, le « rossignol des charniers » sur la place Maïdan
En France, nous avons Bernard Henry LEVY, surnommé BHL.
Ce dernier se prend pour un intellectuel engagé et courageux. Il n’est ni l’un ni l’autre bien entendu, mais reste cependant un individu extrêmement dangereux comme le montre son influence sur Sarkozy (et peut être aujourd’hui sur Hollande) lors du déclenchement de la guerre en Lybie.

Sa pensée, qui tient en entier sur un timbre poste, s’est sans doute forgée à la lecture assidue des comics américains à base de super héros qui sauvent le monde chaque semaine.
Elle se résume en une phrase : « les bons, c’est nous et les méchants c’est eux ».

Il jouit cependant, et ce n’est pas un hasard, de nombreuses entrées dans les médias. Ces portes ouvertes lui permettent de tenter d’exister et de poursuivre sa quête pour créer un monde meilleur à coups d’ingérences militaires !

Son credo : « La guerre sans l’aimer« .

Il reste choquant de constater l’outrecuidance d’un individu, jamais élu, qui se permet d’aller haranguer les foules dans un pays au bord de la guerre civile.

Quelle est la légitimité de tels agissements ?

Un des paradoxes et non des moindres est qu’il se range du coté de néo-nazis antisémites qui l’auraient en d’autres temps probablement traité avec moins de bienveillance.

Intervention de BHL place Maïdan le 02 mars 2014

Dans la vidéo ci-dessus, on note tout de même que l’impact sur la foule de son magnifique discours semble assez limité.

21 mars 2014 : L’U.E. signe un accord politique avec le gouvernement de Kiev
Dernier exemple d’ingérence cité, le 21 mars, l’U.E. a signé le volet politique d’un accord avec le gouvernement illégal de Kiev.
La signature du volet économique est prévu après les élections du 25 mai.

F. QUE NOUS DISENT LE GOUVERNEMENT ET LES MÉDIAS ?
La position officielle du gouvernement français est de considérer que le nouveau pouvoir en place est légitime puisqu’il est issu d’une révolution populaire. Par ailleurs, la Russie de Poutine est accusée d’intervenir en sous-main dans les affaires de l’Ukraine pour créer des troubles afin de justifier l’intervention de l’armée russe.

Avec la liste des ingérences occidentales identifiées en Ukraine, il faut tout de même oser tenir cette position !

Le gouvernement français
La position du gouvernement est résumée ici par l’intervention du ministre des Affaires étrangères (Laurent Fabius) sur France Inter.

Extrait :
« Maintenant quand on accuse ce gouvernement d’être d’extrême-droite, c’est faux ! C’est faux ! Il y a 3 membres [!] du parti Svoboda qui est un parti plus à droite que les autres, mais l’extrême droite n’est pas au sein du gouvernement. » [Laurent Fabius, 11 mars 2014]

Fabius nous explique en fait que les fascistes d’Ukraine ne sont pas d’extrême droite !

Par ailleurs, si les néo-nazis ne sont pas au pouvoir, pourquoi les juifs d’Odessa se préparent t’ils à évacuer la ville ? [9]

La question est de savoir si Fabius est un fieffé menteur ou s’il est totalement incompétent, dans les deux cas, sa place n’est pas au gouvernement.
L’UPR demande d’ailleurs à juste titre sa démission.

Les médias
La tendance lourde des médias nationaux et plus généralement occidentaux est alignée sur celle des gouvernements.
Les médias, comme un seul homme, relaient la même version et analysent chaque nouvel événement suivant le filtre de la manipulation Russe.

L’accusation anti-Poutine ne reposant sur aucune preuve est répétée ad nauseam lors de chaque intervention médiatique sur l’Ukraine.
Cette stratégie conduirait à justifier une éventuelle intervention militaire de la Russie en Ukraine pour protéger les pro-russes de l’est.
Pour le cas de la Crimée, Poutine est accusé d’avoir envahi cette province par la force.

Ce « manichéisme infantile » (dixit JF Kahn) [7] présente donc les Russes comme les « méchants » et les putschistes comme les « gentils ».

Quelques exemples d’information « orientée »

Le Parisien
Après la prise de contrôle de la Crimée par les forces Russes, le gouvernement craint une offensive militaire Russe.

Direct Matin
Où s’arrêtera Poutine ?

Libération
Moscou avance ses pions et son idée de « nouvelle Russie ».

Quelques voix raisonnables s’élèvent cependant du bourbier médiatique

JF Kahn
En finir avec le manichéisme infantile [7].

Jacques ATTALI
Sont ils tous devenus fous ?

Marianne.fr
Pourquoi le massacre d’Odessa a-t-il si peu d’écho dans les médias ?

Du coté des politiques, seuls deux hommes ont osé s’élever contre le consensus :

Jean-Luc Mélenchon
Avis aux Mickey à propos de l’Ukraine.

François Asselineau
Interview de l’agence info-libre ici.

G. CONCLUSION
Une fois que l’on a pris en compte tous les aspects de la situation, on comprend qu’une coalition de l’opposition ukrainienne incluant deux factions néo-nazies a organisé un coup d’état avec la bénédiction de l’U.E..
Cette coalition s’est appuyée sur les groupes paramilitaires de Pravyi Sektor pour lancer des provocations sanglantes et déstabiliser le pouvoir en place.
Quelques crétins occidentaux se sont au passage ingérés directement dans le processus et ont mis de l’huile sur le feu en tonitruant sur la place Maïdan pour faire croire à la foule que « l’occident est avec vous » !

Le 25 février, sous la menace des milices du Pravyi Sektor le parlement ukrainien a illégalement destitué le président en exercice élu en 2010.

Il s’agit donc d’un putsch parfaitement illégitime.

Les médias européens ont présenté ce coup d’état comme une révolution populaire en diabolisant les Russes qui sont frontaliers avec l’Ukraine.
A quelques exceptions près (ex : Allemagne), aucun média n’a pris la peine de vérifier ses sources ni de faire une analyse géopolitique intelligente.

On a juste oublié de préciser que l’Ukraine est un pays divisé en 2 camps : l’un pro-occidental à l’ouest, l’autre pro-russe à l’est.
Ensuite, lorsque certains veulent annexer toute l’Ukraine au bloc occidental y compris en l’intégrant à l’OTAN, il suffit de regarder une carte pour comprendre que la Russie ne peut pas l’accepter.

Le résultat est un pays déstabilisé, avec une faction néo-nazie présente dans la coalition au pouvoir. Cette dernière a déjà commencé le nettoyage (ils appellent cela « lustrage »), en particulier à l’est.
Des élections sont prévues le 25 mai, mais celles-ci s’annoncent déjà comme parfaitement bidons depuis le retrait d’Oleg Tsarev, candidat du parti des régions (35% des voix aux élections de 2010). En effet, les milices l’empêchent de mener sa campagne en usant de violences [8].

Tout est donc réuni pour conduire à une guerre civile qui peut déboucher à minima sur une partition de l’Ukraine.
A l’extrême une intervention Russe est très possible si les imposteurs de Kiev poursuivent leurs exactions sur les populations de l’est.
La probabilité de conflit mondial reste faible car l’occident n’a pas les moyens d’entrer en confrontation directe avec l’armée Russe.

Le plus grand risque est de pousser la Russie vers la Chine, alors que Vladimir Poutine ne souhaite rien d’autre qu’un rapprochement naturel avec l’Europe de l’ouest.

Cette dernière rejette complètement cette idée et préfère s’étendre jusqu’aux frontières de la Russie.
Ostraciser ce pays en l’isolant n’est en fin de compte que l’illustration d’une politique impérialiste totalement stupide.

Pour s’informer de la suite des événements, car l’histoire s’écrit sous nos yeux, je recommande l’excellent travail d’Olivier Berruyer sur son site :
Série Ukraine
http://www.les-crises.fr/ukraine/

Article publié sur Agoravox (Top 10 : Peak #1)

Liens

[1] Agence Info Libre – Interview de Pascal Marchand
professeur des Universités à Lyon II, spécialiste de la Russie, podcast ici.

[2] « Ukraine : autopsie d’un coup d’Etat » – Ahmed Bensaada
http://www.mondialisation.ca/ukraine-autopsie-dun-coup-detat/5372363?print=1

[3] « Quand les nazis mènent le bal… » – Geoffroy Géraud Legros
http://www.7lameslamer.net/quand-les-nazis-menent-le-bal.html

[4] [Ukraine : on a oublié de vous dire… 5.1] Le coup d’état – Olivier Berruyer (les-crises.fr)
http://www.les-crises.fr/ukraine-oaodvd-5/

[5] L’imposture du “gouvernement démocratique” – Olivier Berruyer (les-crises.fr)
http://www.les-crises.fr/ukraine-oaodvd-5-2/

[6] Le drame d’Odessa – Olivier Berruyer (les-crises.fr)
http://www.les-crises.fr/svoboda-c-est-ca/

[7] « En finir avec le manichéisme infantile » – Jean-François Kahn
http://www.les-crises.fr/en-finir-avec-le-manicheisme/

[8] Le député de Oleg TSAREV retire sa candidature à l’élection présidentielle et appelle à son boycott – Olivier Berruyer (les-crises.fr)
http://www.les-crises.fr/a-hieeeee-l-armee-ukrainienne-attaque/

[9] La communauté juive d’Odessa se prépare à une évacuation – Jerusalem Post
http://www.jpost.com/International/Odessa-Jewish-community-mulls-emergency-evacuation-351334
Version traduite ici.

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