G20 – G Vain ?

A la fin de l’article précédent, rendez vous était donné après le G20, sommet du « Groupe des 20 » plus riches économies de la planète qui ne fait qu’entériner les résultats des négociations moins médiatisées menées dans les semaines qui ont précédées.

Les principales annonces
1. Triplement des ressources du FMI (jusqu’à 1000 Milliards de $)
2. Les paradis fiscaux sauf ceux présents au G20 (!) sont montrés du doigt, en effet pour financer un peu la mesure 1 on aimerait bien récupérer une partie de l’évasion fiscale colossale qui part vers ces zones de non droit financier
3 . Vague engagement à contrôler les bonus des dirigeants au niveau mondial
4. Quelques mesurettes de régulation annoncées (hedge funds, agences de notation, etc..)

Paradis fiscauxSarkozy et sa menace bidon de la chaise vide au G20

Autocongratulations
Pour commencer, les participants au sommet se sont empressés de s’autocongratuler pour couper court aux critiques qui ne manqueraient pas de suivre l’annonce des résultats plus que mitigés. Un peu comme si en fin d’article j’écrivais que le texte que vous êtes en train de lire est un modèle de lucidité et de génie analytique !
Cette autosatisfaction a bien sur pour but de rassurer ceux qui regardent la TV et qui ne comprennent rien à ce qui se passe.
Si vous pensez être dans ce cas, rassurez vous car les experts de la finance et leurs alliés de fait (les politiciens) n’y comprennent pas grand chose eux non plus, mais comme ils excellent en rhétorique, ils tentent de faire croire à ceux qui pensent en comprendre moins qu’eux que tout est sous contrôle.

L’imagination au pouvoir !
En résumé après ce sommet on constate dans les actes qu’il ne faut surtout rien changer, le but est de faire redémarrer la machine pour recommencer comme avant.
Pas de nouveau modèle au service de l’humanité, pas de Bretton Woods bis annoncé par Sarko, on prend les mêmes recettes et on continue à tenter coûte que coûte de sauver ce système qui a démontré par son effondrement sa non viabilité et dont les seuls bénéficiaires sont ceux qui possèdent déjà tout.

Ceux qui l’ont conçus et exacerbé durant les 20 dernières années avec le concept intégriste de libéralisme associé à la mondialisation sans barrières sont toujours aux manettes alors que les faits ont démontré amplement qu’ils se sont complètement plantés et qu’ils doivent laisser la place.
Dans une entreprise, il existe la notion de faute professionnelle et celui qui commet une faute grave se fait licencier sans indemnités. Rien de tel dans la finance, les responsables qui ont entraîné les peuples dans leur chute sont toujours là !
Ils continuent de se goinfrer de bonus et autres stock-options et qui plus est, ils sont chargés de réparer leurs propres dégâts.
A quoi faut il s’attendre de leur part, sinon d’utiliser encore et encore les mêmes méthodes qui nous ont mis dans le mur, en plus cette fois ils appellent les états au secours pour éponger les déficits gigantesques qu’ils ont créés.
Ces gens sont parfaitement incapables de changer car complètement sclérosés, un peu comme les dinosaures, voués à disparaître, mais ils peuvent encore faire beaucoup de mal en attendant.
La mesure typique d’un manque d’imagination sans bornes consiste depuis le début de la crise à tenter de réanimer le système en y injectant sous forme d’emprunts d’états toujours plus d’argent que l’on ne possède pas et qui sera remboursé par…nous !

Citons également Jacques Attali :
Organiser le G20 à Londres revient à « organiser une réunion d’alcooliques dans un bar », les pays anglo-saxons n’ayant « aucun intérêt à remettre en cause » le système financier

Nicolas Sarkozy
Mention spéciale à notre agité, qui après bien des rodomontades « Je quitterai le G20 si les résultats ne sont pas à la hauteur » déclare que ce sommet est allé « au delà de ce que nous pouvions imaginer ».
Ah bon !
Où est le nouveau Bretton Woods annoncé ?
De plus, Obama montre ostensiblement son mépris pour Sarkozy, normal puisqu’après sa décision du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, le message de cette dernière est clair : nous rentrons dans le rang en nous alignant sur les vassaux des états unis et montrons ainsi aux américains un grand signe de faiblesse, alors pourquoi le président Américain devrait il accorder le moindre intérêt à l’agité monté sur talonnettes ? Et se serait il permis de nous demander l’entrée de la Turquie dans l’Europe ?
Au moins avec Chirac et Villepin, la position ferme sur l’Iraq avait permis à notre pays se faire entendre un peu.

Que faudrait il faire ?
Pour commencer à remonter la pente, il faudrait « penser autrement », partir sur une économie verte imposée par les états à l’aide de moyens coercitifs et profiter du fait que la finance a un genou à terre pour lui casser les reins et lui reprendre ce qu’elle a volé aux peuples par des manœuvres insidieuses étalées sur les 2 derniers siècles.

Dans l’histoire, on constate que des hommes d’états – à ne pas confondre avec les hommes politiques qui ne travaillent que pour leur carrière – se sont battus par le passé contre la finance, certains y ont même laissé leur vie comme Abraham Lincoln ou Robert Kennedy.
De nos jours tout ceci est terminé, les hommes politiques sont à la botte même si Obama tente, il faut le reconnaître quelques actions positives.
Certains comme notre brillant représentant se contentent de faire la morale aux banquiers et aux grands patrons à coups de moulinets et de jappements de roquets. Par contre, dès lors qu’il s’agit de passer aux actes et donc de légiférer : plus rien, le silence est assourdissant.

Au sujet d’Obama, certains ont fait remarquer que le limogeage du patron de GM était un acte sans précédent de la part d’un dirigeant politique. C’est certes exact, mais on doit remarquer aussi que la « victime » était un représentant de l’industrie et non pas de la finance, alors que cette dernière est bien la seule responsable de la situation dans laquelle on se trouve.

Alors je pose la question, cette finance est elle intouchable ?

Que risque le président des États-Unis à entrer en guerre contre Wall Street ?
Nous parlons rappelons le du pays où l’on assassine les présidents…

Que peut il se passer ?
Si la crise ne se résorbe pas dans un avenir proche, alors nous irons inévitablement vers une nouvelle crise puis vers une autre, etc…
Dans tous les cas, l’une de ces crises si ce n’est pas celle-ci nous mènera droit à une catastrophe pire que celle de 1929 dont les conséquences rappelons le, furent la montée de fascismes et de totalitarismes s’étant soldés par une guerre mondiale avec une cinquantaine de millions de victimes.
Dans cette hypothèse, les pourvoyeurs de ce capitalisme ultra-libéral basé uniquement sur le profit seront alors automatiquement éliminés par la violence.

Si l’humanité survit, un système véritablement nouveau sera alors reconstruit de fond en comble sur les ruines de l’ancien, il s’agira là du véritable nouveau Bretton Woods.
Dans ce scénario, le prix à payer pour les peuples sera très lourd mais y a-t-il d’autres issues pour mettre fin à cette doxa mondialiste ultra-libérale qui a envahi les moindres recoins de la société occidentale et en particulier les pouvoirs politiques de droite comme de gauche ?

Pour terminer, paraphrasons Einstein qui avait très justement déclaré :
“On ne règle pas un problème en utilisant le système de pensée qui l’a engendré”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s